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Auteur : Yves NAMUR

Titre : LA TRISTESSE DU FIGUIER

Editeur : LES ÉDITONS LETTRES VIVES

Genre : poésie

Date de parution : 2012

 

La tristesse du figuier

Entrer dans l’ombre du figuier, n’est-ce pas symbole de tristesse ? Et vient immédiatement à l’esprit la parabole du figuier stérile. L’olivier est l’arbre du soleil par excellence, avec son feuillage gris-argent qui est comme une mer bruissante. Mais il a, lui aussi, une ombre, même si c’est une ombre parcimonieuse.
C’est ainsi que débute le recueil, par un rêve, celui de la nudité, du non-sens des mots, du rien. Du néant du poète : Je ne suis personne. Comme l’arbre qui ne porte pas de fruit est un non-arbre. Un masque. Une ombre. Si c’est ça être au milieu de nulle part,/Alors oui,/Je veux bien être perdu au milieu de nulle part, nous dit-il (p. 27).
Serait-ce donc ici un recueil qui vient s’inscrire en creux dans son œuvre ? Je ne parle d’ailleurs correctement de rien, continue-t-il (p. 33).
Mais c’est alors que vient la parabole de la maison trouée (p. 49) : une maison ouverte à tous les vents, à l’air, à la lumière, à la pluie.
Le poète dit qu’avec des mots simples
On construirait facilement une maison.

Cette maison est donc la maison du peu, celle du retour sur soi-même, du retour aux mots simples, à la simplicité tout court. Et là, nous ne sommes pas loin de l’histoire de Job, ni de l’Ecclésiaste, qui affirme le oui, et puis le non. Comme s’il fallait au poète râper, racler ses mots jusqu’à l’os, pour qu’ils puissent enfin former une maison. Une maison trouée.
Il n’empêche que le poète restera toujours dans une position instable, penché au bord de la réalité, Au bord du vide, /Tout au bord de lui-même (p. 51). C’est ainsi seulement qu’il pourra apprendre à voir les choses absentes (p. 66).
Il y a donc ce perpétuel balancement, entre le tout et le rien, le vide et le plein, l’affirmation et la négation que pose le poète devant chaque être, chaque objet, signifiant et aberrant à la fois. Même s’il ne peut s’agir ici d’une religion de stricte obédience, c’est d’elle, aussi, que viennent nos images.
Mais ce qui est essentiel, sans doute, c’est que dans la parabole, au maître qui a dit : Coupe-le, le vigneron répond : Attendons encore une année. N’est-ce pas ainsi, penché au bord de lui-même, que le guetteur attend l’aurore ?

 

 

Joseph Bodson

 

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