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Auteur : Philippe LEUCKX

Titre : AU PLUS PRÈS

Editeur : ÉDITIONS DU CYGNE


Genre : poésie

Date de parution : 2012

 


Au plus près

Voyage au plus près des sens

Philippe Leuckx a choisi le mètre court pour mieux saisir les instantanés qui s’imposent à lui. Il procède par éclats, sans prêter à l’ensemble l’idée d’un quelconque projet d’ensemble. C’est comme s’il se contentait de saisir le temps qui passe, de communier avec les parfums, les bruits et les couleurs de saison. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il y a comme une tristesse de fond dans chacune de ces captures, une vague frustration de ne rien saisir vraiment. Plus encore, le poète évoque le douloureux désordre qui naît de la distance entre le mot et lui : « J’écris où je me brûle ». Pour ajuster le mot à la perception qui l’habille,  ou l’inverse, c’est selon, Philippe Leuckx engage son écriture Au plus près (1) comme s’il cherchait désespérément la relation parfaite entre le monde et lui : « J’écris au plus près / mais qui sait ce sombre prestige / Du mot du vide de cette lampe / Veuve déjà de tout ce qui murmure ».  Certains passages nous rappellent que Jules Laforgue n’est pas bien loin et que le lien entre le poète et le mot ne sera jamais qu’une tresse de nœuds.  Philippe Leuckx,  amoureux de Rome s’il en est, peut aussi se laisser séduire par Barcelone qu’il perçoit comme la ville de tous les possibles. Un piéton à Barcelone (2) haute en couleurs et riche de tableaux vivants, séduit le promeneur qui se nourrit de son environnement : « Il faudra tout consigner. L’air. Le vent. Les façades prises d’assaut pour leur art. Les coques. Le port d’attache vers les collines. Les rumeurs. » Nous relevons : « tout » et « consigner » chez cet hédoniste blessé qui énonce clairement sa fringale de découvertes, qui déjeune « d’un peu de soleil et de brise » et qui peut s’émouvoir devant « le linge pendu vers quelque vent porteur ».  Mais ne nous y trompons pas. Au milieu de toutes ces « captures », même si Philippe Leuckx reste l’éponge gorgée de sens, c’est toujours l’homme sensible qui saisit, s’émerveille et se brûle aux mille feux de l’existence. En cela, il nous reste proche, empathique et, sans avoir l’air d’y toucher, il nous tend peut-être le  miroir  de nos propres émotions.

Michel Joiret


(1) Au plus près, Éditions du Cygne, Paris, 2012.
(2) Un piéton à Barcelone, Éditions Encres vives, collection Lieu, 2012.



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