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17 octobre 2012

470e soirée des lettres –17 octobre 2012

ROSE-MARIE FRANÇOIS, L'Adieu, poésie, Éditions Écrits des Forges, Trois-Rivières. Présentation par Jacques De Decker.


Jacques De Decker commence par évoquer un colloque tenu à propos de l’œuvre de Rose-Marie François, Des mots et des langues, au cours duquel il fut aussi question de la Lettonie, et des rapports qu’elle entretient avec sa région natale et la langue picarde. De plus, y nota Gérard Purnelle, on trouve chez elle l’inspiration philosophique en poésie, telle qu’elle se manifeste par exemple chez Fernand Verhesen, ou Philippe Jones. : une constellation de poésie en partie conceptuelle. Le poète est l’artisan de sa langue, et la poésie est la forme la plus proche du génie de la langue. Rose-Marie François se promène avec aisance dans une vingtaine de langues.

Quand j’apprends une langue, enchaîne l’auteure, j’ai besoin de savoir d’où viennent les mots. Peut-être cela est-il à mettre en rapport avec un souvenir d’enfance, l’interdiction faite par ma mère de parler picard.

La troisième partie, reprend le présentateur, est un dialogue entre le peintre et le poète. J’aimais dessiner, enchaîne-t-elle, et j’ai travaillé avec Berthe Dubail. Mais, après une exposition à Liège en 1967, j’ai décidé de me limiter à la littérature. Tout comme la musique, ce sera peut-être pour une autre vie. Je mets très longtemps à achever un livre – dix-neuf ans pour L’Aubaine.

J.D. : Il y a toujours un jeu de langage à la fin des textes, qui fait image.
R.F. : J’écris un peu comme la Pythie, sans comprendre.
J.D. : Tu es une traductrice tous terrains…
R.F. : Il faut écouter et répéter, devenir l’autre. C’est un travail artisanal.

Jacques De Decker lit ensuite un superbe texte consacré aux éoliennes, le premier sans doute à les célébrer en poésie.
Et, pour terminer, sur une note humoristique, il sera question de la langue et des haricots, et du livre qui est une sorte de boîte de conserves.

 

 


 

 

MARIE-AGNÈS HOFFMANS, L'empreinte du Père, récit de vie, Éditions Traces de vie. Présentation par Marie-Ange Bernard.


M.B. : À un certain âge, on peut se dire : J’ai vécu cela, et prendre du recul. La simplicité vient après de longues réflexions. En ce sens, l’épigraphe de Boris Cyrulnik est très importante.

M.H. : Il y a le souvenir raconté, la réaction de l’époque, et la réaction d’à présent. Au fond, Icare est venu du fond des âges et m’a tendu la main. Mon père m’avait conduite au Musée des Beaux-Arts, et lui-même, vainqueur à différentes reprises de la coupe Gordon-Bennett, était une sorte d’Icare. Il m’a appris qu’il faut prendre de l’altitude, aller jusqu’au bout du chemin.

M.B. : Le présent et le passé se rejoignent. Tu vis dans la maison de ton enfance. Tout est pareil et tout est différent…

M.H. : La bibliothèque était habitée par les cartes, les livres, et puis les objets : ainsi le fanion du Belgica (ici, l’auteure déploie le fanion, et la présentatrice nous montre de superbes vues où le ballon domine un immense paysage désert). Le ballon était gonflé au gaz, et il devait aller le plus loin possible, sans que l’on mette pied à terre. Il était l’objet des vents. En 1939, il devait partir de Pologne, et ce fut la guerre qui l’en empêcha. Pour ma mère, il y avait eu dans tout cela une angoisse, mais aussi une sorte de charme, au point de départ. Et puis, d’autres personnages : Zoé, ma grand-mère paternelle. L’autre grand-mère, Agnès, qui ne cessait de me parler d’amour. La coquetterie et la fidélité.

Et tout cela m’a amenée, moi aussi, à prendre mon envol, en tant qu’écrivain.

M.B. : Oui, à présent, voilà, tu as réussi, l’envol est pris…

 

 


 

 

FRANCIS CHENOT, Chemins de doute, poésie, Éditions de l’Atlantique, collection Phoibos. Présentation par Claire-Anne Magnès.

Claire-Anne nous signale qu’elle revient précisément de Trois-Rivières, qu’elle ne connaissait pas, et souligne l’accueil chaleureux qu’elle y a reçu.
Ce livre, avec ses poèmes courts, son rythme bref, sa façon de manipuler les mots, est un véritable questionnement. Ces vers, comme l’écrit l’auteur, pareils à ces traces / cunéiformes / que laisse le goéland.

Il faut rappeler que Francis Chenot fut, avec Francis Tessa et André Doms, l’un des fondateurs de l’Arbre à Paroles, dont une nouvelle équipe vient de prendre la direction.

Paul Mathieu, dans son commentaire sur Francis Chenot, relève le fait qu’il s’agit d’un homme de terroir. Quelqu’un qui aime le silence et la solitude, et pratique une poésie très exigeante. Bûcheronner le silence, comme s’intitule l’un de ses recueils.
Mais quelle a été l’importance de ses séjours au Québec ?

F.C. : J’ai séjourné trois ans au Québec, dont un à Trois-Rivières. Il m’importait de retrouver l’hiver, aussi rude que celui de ma naissance, en 1942, et là, je l’ai trouvé.

Quant à l’été des Indiens… Dans une autre existence, peut-être avons-nous été des Indiens. Et puis, comme il l’écrit : ce que l’on n’a pas offert / est définitivement perdu.

Claire-Anne souligne l’importance du don. Pour lui, les liens d’amitié sont importants. Le dernier mot de son recueil n’est-il pas : fraternité ?

F.C. : Le silence permet et entretient le doute, coquelicot / […] sur les gravats du désespoir, et encore : Il nous faut entendre / la rumeur du monde.
Pourquoi écrire ? Écrire pour se justifier  / d’être au monde, cela suffit
C.A.-M. : Il y a chez toi le goût des mots, l’importance même du genre grammatical des mots : l’arbre est du féminin en latin. Et ce goût aussi de jouer avec les mots…
F.C. : …qui m’est venu surtout à la lecture d’Achille Chavée.

La preuve est ainsi faite, et bien faite : c’est par le silence que les mots prennent goût, et saveur.

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