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21 novembre 2012

471e soirée des lettres – 21 novembre 2012

Nouveauté aux Soirées des Lettres : la séance commence par de la musique… Et, tout au long de la soirée, la musique nous aidera à méditer sur les œuvres qui nous auront été présentées. Une vraie correspondance baudelairienne entre les arts ! Au piano, Laura Torregrossa, étudiante au Conservatoire royal de Mons, a parfaitement intégré Beethoven, Brahms et Schubert au climat des textes lus.

YVES NAMUR, La tristesse du figuier, poèmes, Lettres vives. Présentation par Daniel Simon.

Daniel Simon souligne l’extrême beauté du recueil, et aussi le fait qu’il s’agit chez Yves Namur d’une œuvre qui se construit et qui s’épure, au fil des trente années écoulées. L’an prochain, enchaîne l’auteur, je publierai pour la première fois l’un de mes ouvrages auprès de ma propre maison d’éditions, Le Taillis Pré : une réédition de mes premiers recueils,  pour les trente ans du Taillis Pré. Le titre : Un poème avant les commencements.

D.S. : Dans ce que tu écris aujourd’hui, la langue est débarrassée du langage…

Y.N. : Voici vingt ans, c’était une époque de terrorisme, de minimalisme, Bernard Noël, Prigent

D.S. : Un long cheminement vers une illumination mystique, une sorte d’enchantement.

Y.N. : Dieu, je m’en méfie. Mais il s’agit bien d’une poésie métaphysique. Certains prétendent que la poésie ne doit pas penser, je trouve pour ma part qu’elle doit penser.

D.S. : A qui sert le poème ?

Y.N. : La poésie a des voix multiples Le poème est un sujet, il augmente la réalité, comme chez Roberto Juarroz, Silvia Vainberg.*

D.S. Il s’agit d’une expérience vécue.

Y.N. : Chaque page est vécue.

D.S. : Ainsi, la montée au Struthof…

Y.N. : À l’âge de 8-9 ans, j’y étais allé avec mes parents. J’ai fini par y retourner : une nature merveilleuse, près du Schirmeck. Et, à côté de cela, ce qui est abominable en chacun de nous.

D.S. (après une lecture) : Une extrême transparence, la légèreté de la langue peut apporter le plus tragique. Dans un message que tu m’as envoyé, le sujet mentionné : « ma tristesse ».

Y.N. : C’est aussi la tristesse de tout un chacun.

D.S. : Une sorte de douce âpreté frottée à la patine d’une expérience de poète.

Y.N. : Tristesse, mais aussi apaisement.

Et Daniel Simon terminera en rappelant qu’Yves Namur vient de recevoir le prix Mallarmé, une récompense on ne peut plus méritée.

 

 


 

 

DANIEL CHARNEUX, Comme un roman-fleuve, paru chez Luce Wilquin. Présentation par Christian Libens.

La présentation commence sur un mode très plaisant, à propos de caramels mous, de prénoms confondus. Il est vrai que Christian est un orfèvre en la matière, et que Daniel sait fort bien renvoyer la balle.

Le héros s’appelle Simon, l’héroïne Sonia. Un homme et une femme, et puis la ville et le fleuve.

D.C. : J’aime beaucoup Liège, j’y ai fait mes études universitaires, mais je porte ici sur la ville un regard un peu extérieur. La ville est un personnage parmi d’autres.

C.L. : Ce livre m’a impressionné. C’est l’un des plus liégeois que j’aie lus depuis longtemps. Il y a une vibration qui est celle du fleuve, c’est une ville très féminine. La Meuse est aussi Sonia.

D.C. : Sonia est immobile, il s’agit d’un couple brisé dans son élan. François tourne en rond, depuis l’île utérine d’Outre-Meuse. C’est la perte de l’enfant qui va déclencher leur éloignement. Elle perd les eaux…

C.L. : Le roman est très riche en symboles. Le premier chapitre est intitulé Le pont de Fragnée, et puis au fil des chapitres, on ira de pont en pont. Tu as une grande connaissance de la topographie et de l’histoire de la ville.

D.C. : Il  y a eu le travail de préparation. Et puis, le travail de mémoire, à l’image des deux écrivains que j’admire le plus, Proust et Perec. Travail de mémoire : la marchande de bonbons cassés, qu’elle coupait au couteau avec beaucoup d’adresse.

Après une lecture, le présentateur insistera encore sur la similitude du texte avec la musique du fleuve, la rupture, l’éloignement. Décidément, le titre est bien choisi.

 

 


 

 

CORINNE HOEX, Le ravissement des femmes, roman, Grasset. Présentation par Claire Anne Magnès.

En fait, c’est trois livres qui vont nous être présentés : deux recueils de poèmes, Rouge au bord du fleuve, aux éditions Bruno Doucey, et L’autre côté de l’ombre, au Tétras Lyre, sur des dessins d’Alexandre Hollan, ainsi bien sûr que le roman Le ravissement des femmes.

Deux éléments importants dans ces poèmes, note Claire Anne : la lenteur, et l’approfondissement. Des vers très courts, de petites touches, comme ferait un peintre, et des mots qui reviennent. Le fleuve, c’est en fait le Rhône. Des mots-clés : le fleuve, le vent, la nuit, les platanes. Corinne nous lira quelques passages, aux images somptueuses.

Dans L’autre côté de l’ombre, Corinne précise que le tu se parle à lui-même, mais qu’il y a vraiment une relation à l’autre, d’après le travail du peintre Hollan. Celui-ci passe plusieurs mois face à un arbre qu’il veut peindre, dans l’Hérault : il veut dessiner l’indicible de l’arbre. Elle s’est mise dans la position du peintre qui est face à l’arbre.

Vient ensuite le roman. L’héroïne, Elisabeth, travaille avec des libraires. Elle va suivre les conférences – assez chères – du Père Constantin, un religieux au charisme marqué : les femmes qui forment l’assistance en sont « ravies », presque au sens étymologique du terme, il s’agit d’une sorte d’extase.

Corinne intervient pour insister sur le fait qu’Elisabeth est une femme indépendante, non croyante, qui va entreprendre, par une sorte de défi, de séduire le Père. C’est une sorte de nabab de Dieu, qui organise aussi des voyages. La mère d’Elisabeth dira à celle-ci : C’est pas Dieu, c’est Thomas Cook.

Elisabeth n’est pas prise, elle garde la maîtrise du jeu, elle joue avec le danger.

On le voit, un roman un peu ambigu, comme ses personnages, et une peinture à l’eau-forte. Et une œuvre - je parle ici de l’ensemble de l’œuvre de Corinne - qui nous réserve sans doute encore bien des surprises.

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