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Auteur : Daniel SIMON

Titre : QUAND VOUS SEREZ

Editeur : M.E.O ÉDITIONS

Genre : prose poétique

Date de parution : 2012

 

 


Quand vous serez

Un livre écrit à la hussarde, à l’emporte-pièce, et qui – je m’excuse de multiplier ainsi les métaphores – dévale ainsi qu’un torrent, entraînant tout sur son passage. Car il y a chez Daniel Simon une grande force de vie, une capacité d’enthousiasme, mais aussi de mépris, assez peu commune.

Ainsi, p. 9, le style prend son envol en larges bandes, comme des oiseaux de mer. Il y a là une sorte de grande houle, qui a la force et l’ampleur de certains beaux textes romantiques – même si l’auteur, par ailleurs, rejette toute accointance avec le romantisme. Avec une coupure brusque à la fin, qui clôture, mais pas définitivement ; en attente :

…des voyages immobiles, des femmes qui fredonnent aux enfants sans colère, quand vous serez une île, et la mer et la barque, une façon de rire et de dire la joie de se perdre, le matin pour découvrir le soir, quand vous serez.

Et puis, le poème suivant reprend le thème. À la page 15, la phrase semble se consumer et s’achever (abandonnés au hasard d’être toujours ici, vous filerez entre vos doigts vieillis des cordages et des échelles qui se défont aussitôt comme on jette dans le vent des promesses anciennes), mais elle ne se taira pas pour autant, elle reprend à la page suivante : Quand vous serez…

Et puis, à la page 28, le ton change tout à fait, et c’est une autre phrase qui sert de leitmotiv : Ça, je le sais, sans que cela réponde à toutes les questions, à toutes les angoisses : ce qu’il sait, en fait, c’est la nostalgie d’une certaine enfance, ou de choses que l’enfant sait et que l’adulte a oubliées. Une sorte de paradis perdu : le monde des adultes qui pouvait paraître, aux yeux de l’enfant, un accomplissement total, voilà qu’il laisse les questions ouvertes, avec en plus un goût de revenez-y. Un passage superbe.

Bien sûr écrire est une question d’enfance mais ne pas écrire ?, demande-t-il, p. 36. Et il reprend, p. 44 : Une eau qui coule de l’enfance me piquette les pieds.

Oui, c’est bien cela, une force de la nature, ancrée au plus profond de nos rêves, de notre enfance, et qui nous prend pour ne plus nous lâcher, entraînant avec elle toutes nos compromissions, nos faux-semblants, pour en nouer la gerbe de quelques instants précieux entre tous. Et voilà que me revient en mémoire le poème de Milosz :

Dans un pays d’enfance retrouvée en larmes,
Dans une ville de battements de cœur morts,
(De battements d’essor tout un berceur vacarme,
De battements d’ailes des oiseaux de la mort,
De clapotis d’ailes noires sur l’eau de mort).

 

 

Joseph Bodson

 

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