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16 janvier 2013

473e soirée des lettres – 16 janvier 2013                                            

Avec la participation de Jacques Neefs et de ses élèves du Conservatoire, et de Laura Torregrossa (piano) et sa sœur Sarah (violon)

Renaud Denuit, Histoires de la Détermination, poèmes 1985-2011, Éditions M.E.O., 2012. Présentation par AnnemarieTrekker.

Rappelons que Renaud Denuit, issu d’une famille de poètes, a longtemps exercé des fonctions importantes à la Communauté européenne, après avoir été présentateur au JT. AnnemarieTrekker a été frappée, à la lecture de ces poèmes, par l’importance qu’y revêtent les thèmes du lien et de la transmission, dans l’évolution humaine depuis la préhistoire (Poussières d’époque), dans la transmission plus proche, à travers la chaîne généalogique (Lignée de vie), et enfin, avec en perspective l’évolution future de l’être humain, par Les fins dernières du cerveau.
Suit alors la lecture par Zoé, l’une des élèves de Jacques Neefs, du poème intitulé Ça trace !
Pourquoi le pluriel et la majuscule à Déterminations ? L’écriture, la trace, la mémoire, ont une importance capitale. L’écriture est apparue avec une volonté personnelle d’invention, guidant le processus de vie sur la planète.
Le poème marque la chaîne des générations.
Le poète à la plume ferme interdit
De fuir ailleurs qu’au-delà

Le poète laisse place à l’homme d’action, avec des thèmes centrés sur le monde extérieur et les destins collectifs.
Vient alors la lecture de Grands-parents pauvres, par Barnabé.
Renaud insiste sur ce que représentent pour lui ses trois fils, la force, le défi qu’ils lui lançaient.
Après la lecture de Rendre l’Esprit par Zoé, Annemarie demande au poète de cerner sa figure: un révolté ? Un homme engagé ? Renaud cite en exemples Hölderlin, Rimbaud, Hugo, les poètes visionnaires qui préparent les générations futures.Il salue enfin Gérard Adam, son éditeur, présent dans la salle, et termine en notant que la poésie est le langage le plus libre, dans lequel tout est possible.

 

 


 

 

Daniel Simon, Ne trouves-tu pas que le temps change ?, nouvelles, éd. Le Cri, et Quand vous serez, proses poétiques, éd. M.E.O.) Présentation par Joseph Bodson.

Daniel Simon, qu’une mauvaise grippe tient au lit, ne peut assister à la séance. Le présentateur évoquera donc les deux livres, avec quelques commentaires, au départ des textes lus par les élèves de Jacques Neefs.
Daniel Simon, né en 1952 à Charleroi, a beaucoup voyagé et exercé de nombreuses activités, dans le domaine culturel et notamment théâtral : comédien-animateur, directeur de centres culturels, et d’une collection d’ouvrages autobiographiques, enseignant dans des écoles de Hautes-Études.
C’est Céline d’abord qui nous lira un extrait de Pas de soucis :une extrême acuité dans l’observation des personnages au quotidien par un auteur qui a le sens du théâtre, des dialogues percutants, que la lecture met bien en évidence. Dans l’extrait du Bazar de la Charité, lu par Alicia, les humains prennent l’aspect d’animaux, la scène dégénère en une sorte de tableau fantastique que l’on croirait sorti de Jérôme Bosch. C’est toute l’hypocrisie sociale qui est ici dénoncée. Enfin, un extrait de J’y suis, j’y reste, lu par Céline, fait preuve de la même maestria dans la description des objets, ici, des chaussures, qui débouche elle aussi sur la critique sociale.
Quand vous serez part sur un autre ton : un mouvement beaucoup plus ample, axé sur des répétitions qui viennent rythmer le texte, non dénué, dans sa fougue, d’un certain romantisme. Ici, les récitants groupés – Barnabé, Céline, Alicia, Zoé, - ont su donner à ce texte une âme, une vie extraordinaires.
Daniel Simon sait tout aussi bien créer une ambiance, une atmosphère, qu’entraîner son public, que ce soit par l’enthousiasme ou la pitié.

 

 


 

 

Joseph Bodson, Conjurations de la Mélancolie, poèmes, éd. Le Non-Dit, présentation par Jean-Pierre Dopagne.

Nourri de culture gréco-latine, nous dit la bio-bibliographie de Jean-Pierre Dopagne, et celui-ci rappelle à ce propos qu’il eut pour professeur Joseph Bodson, qui fut un de ceux qui lui donnèrent le goût de la littérature.
Mais qu’en est-il de ces Conjurations ? demande-t-il. Le terme a plusieurs sens ; lequel, ici, est le bon ? Ni le complot, ni la prière : plutôt le sens magique de rituel qui écarte le mauvais sort.
– Mais encore ? Le rapport avec la poésie ? Et le pluriel ? Un peu comme si chacun de ces textes permettait d’éloigner la mélancolie, que ce soit en l’exprimant, ou en disant ce qui lui est contraire.
– Et la mélancolie elle-même, ce terme d’origine grecque ? Cela provient-il d’une disposition à broyer du noir ? Oui, bien sûr, la théorie des humeurs, et peut-être, une certaine prédisposition à la tristesse. Mais, encore une fois, sans complaisance dans le pessimisme : la mélancolie est ce qu’il faut affronter, et dépasser, d’où l’importance du thème du feu, où se forge la personnalité.
Jean-Pierre Dopagne est un lecteur plus qu’attentif : il a retrouvé dans les Petites Chansons blanches, publiées en 1971, un poème intitulé Rue de la Mélancolie, qu’Alicia va nous interpréter avec beaucoup de talent.
Soir d’automne sera interprété par Barnabé, qui se tire à son avantage de l’absence de ponctuation.
– Autre question : cette mélancolie, est-elle davantage liée à telle ou telle saison ? Plutôt, semble-t-il, à leur cycle, à la fuite du temps. Quant à l’absence de ponctuation, elle ne répond pas à une fin précise, davantage peut-être à l’influence de Cendrars et d’Apollinaire, et peut-être aussi à la volonté de donner à chaque texte son rythme propre.
Ainsi, le texte suivant, l’Aube de la Chandeleur, lu par Céline, est-il une évocation du printemps. Un texte où se trouvent de nombreuses allusions littéraires.
– Quelle est donc la place de la littérature, des auteurs, dans ta vie ? Un idéal de vie ? Non, plutôt des témoins, des jalons. Comme disait Lucrèce, Et quasi cursores, vitae lampada stradunt. Comme des coureurs, ils se passent les flambeaux de la vie.

Il nous arrive parfois de nous sentir isolés, tenants d’un monde en train de disparaître, un monde de paroles et de papier condamné à partir en fumée. De nous demander ce qu’il en restera, une ombre peut-être sur la paroi d’une caverne d’Altamira. Ce soir, la réponse était là, devant nous, parmi nous : ces jeunes gens, récitants, pianistes, qui avec tout leur allant et leur talent, nous ont accompagnés en ces chemins d’ombre et de clarté. Words, words, words – mais la magie est toujours présente.
Qu’ils en soient remerciés, ainsi que leur professeur, Jacques Neefs, qui a présidé à cette belle expérience.

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