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24 avril 2013

476e soirée des lettres – 24 avril 2013

Avec la participation de Mme Sanchez et de ses élèves du Conservatoire, Maxime, Sara, Raphaël, Daphné et Léo, et des musiciens Daniel Radu (clarinette) et Magdalena Urumova (piano).

JEAN BAUDET, Curieuses histoires des entreprises, essai, et Les mystères de Konioss, roman poétique. Présentation par Joseph Bodson

Dans les Mystères de Konioss, de jeunes explorateurs – on songe un peu à Jules Verne – partent à la découverte d’un monde étrange, après avoir découvert une caverne mystérieuse.

Après bien des péripéties, ils parviendront non dans un monde enchanté, mais dans un monde dévasté, désertique. La seconde partie comporte de nombreux passages en vers, et toute l’œuvre baigne dans un climat qui n’est pas celui de la prose. La rudesse du ton, le pessimisme profond qui caractérisent Konioss font parfois songer à Nietzsche, à sa cyclothymie. Bien sûr, chez Jean Baudet, c’est de tout autre chose qu’il s’agit : le désespoir peut parfois vous envahir devant la cruauté du monde et des humains, et il vient toujours un moment où, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, la pauvreté de nos moyens fait obstacle à notre démarche.

Quant aux Curieuses histoires des entreprises, il se situe dans la droite ligne des ouvrages précédents de Jean Baudet, et  répond à une suggestion de son éditeur. Après avoir étudié les sciences elles-mêmes, il s’est beaucoup intéressé aux techniques qui leur ont permis de modifier notre vie. Il évoquera à ce propos Nestlé, la firme la plus importante dans le domaine de l’agro-alimentaire, et dont la première réalisation fut le lait en poudre, ainsi que Bayer, chez qui fut conçue la salicyline, qui allait permettre la commercialisation de l’aspirine, en 1899.

Il est difficile de nous reporter à cette époque, et de nous imaginer ce que serait notre vie sans l’ordinateur, le GSM, l’automobile, la télévision… Bien sûr, tous ces progrès techniques peuvent entraîner des nuisances, auxquelles il est nécessaire de remédier, mais nous ne pourrions plus vivre sans eux.

Et Jean Baudet terminera son exposé par un vibrant panégyrique de l’entreprise, porteuse de progrès et de mieux-être pour les humains.

 

 


 


ANDRÉ DOMS, Voyeur voyageur
, poèmes, éditions du Taillis-Pré. Présentation par Michel Joiret

Il y a, entre l’auteur et son présentateur, une longue complicité, datant de leur rencontre à l’U.L.B., en philologie romane, que rappelle Michel Joiret.

Quant au titre du recueil, André Doms confirme qu’il a accompli, en Méditerranée surtout, bon nombre de voyages, qui ont modifié sa manière d’être. Né à Bruxelles,  il a été attiré par la Meuse, par le fleuve, image du cours de la vie. Néanmoins, ses intérêts étaient multiples, l’histoire, l’archéologie, la musique. Ce qui l’a attiré vers la poésie, c’est sa cadence existentielle. L’histoire, substrat de tout un peuple, culmine dans l’expression poétique.

M.J. : J’ai entendu dire que ta poésie était compliquée. Et ta réponse : Parce que la vie elle-même est compliquée.
A.D. : Il s’agit de « tirer au clair », et non de créer un métalangage.
M.J. : Le titre encore : voyeur de soi-même, et aussi du temps…Déplacement des sentiments et des choses.
A.D. : L’amour est un voyage.
M.J. : Les postures du chroniqueur, dont l’une est l’enfance.
A.D. : L’enfance qui remonte. Il y a un aspect autobiographique.
M.J. : Et la posture du marcheur. Une certaine confusion entre ce qu’il veut et ce qui arrive, une certaine parenté avec Jacques Izoard.
A.D. : Du fait que nous appartenons à la même génération.
M.J. : Des glissements lexicaux, des métaphores inversées. Ainsi, mes lopins de temps.
A.D. : Il faut qu’il y ait un souffle. La dissection du langage supprime le langage.
M.J. : Une certaine hésitation, parfois.
A.D. : Plutôt une certaine lenteur d’approche. Nous avons plusieurs naissances.

 

 


 

PHILIPPE LEUCKX, poèmes : Un piéton à Barcelone, éd. Encres vives, D'enfances, éd. le Coudrier et Au plus près, éd. du Cygne. Présentation par Geneviève Bergé.

P.L. : D’enfances, c’est une topographie sentimentale. Un espace purement littéraire.
G.B. : Les sensations, l’été, la chaleur.
P.L. : Il y a là comme une suspension, des instants gardés en suspension
G.B. : Une allusion à Alice au pays des merveilles ?
P.L. : La fascination pour d’autres espaces. Et puis, j’adore Hardellet. L’instant peut basculer dans une autre réalité. Robinson est un univers en soi. Et la poésie est parfois une île.
G.B. : Peu à peu on quitte l’enfance, c’est une rupture, une distance soudaine…
P.L. : Le côté fugace des choses.
G.B. : Tes parents y occupent une place magnifique. Et puis, tu as un rythme bien à toi.
P.L. : Mes poèmes s’écrivent à partir d’images, d’allitérations et de sens.
G.B. : Ils se prêtent très bien à être dits. Les trois recueils sont très différents Ainsi, Au plus près, ce sont des textes très courts, comme des éclats.
P.L. : De petites gouttes de poésie. Et puis, j’aime me donner des contraintes.
G.B. : Un jeu sur la lumière et l’obscurité. Un travail sur le feu, qui va renaître.
P.L. : Il y a des heures du jour propices au poème.
G.B. : J’écris ou je me brûle.
P.L. : La solitude est la limite de la poésie.
Quant à Barcelone, je l’ai écrit à Braine : je note mes impressions dans un carnet, et je les retravaille une fois de retour.
G.B. : C’est à la fois très travaillé et très fluide. Tout se fond dans le texte, les noms propres, sans majuscules, se mêlent aux noms communs.
P.L. : Je cherche à éviter, aussi, les références trop touristiques.

Et la présentation se terminera par une lecture alternée d’extraits de ce dernier recueil, par les cinq récitants. C’est l’occasion de souligner la qualité de leurs interprétations : qualité d’interprétation qui peut  se  mesurer à la qualité du silence qui les accompagnait.

 

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