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Auteur : Philippe CANTRAINE

Titre : FORT DE JOUX - LES DERNIERS JOURS DE TOUSSAINT LOUVERTURE

Editeur : ÉDITONS L'OURS BLANC

Genre : théâtre

Date de parution : 2012

Fort de Joux - Les derniers jour de Toussaint Louverture

Philippe Cantraine irrigue de son imagination les rameaux vivaces de l’histoire.
Les derniers jours de Toussaint Louverture sont revisités avec un savant dosage de données historiques et de séquences dramatiques pour nous offrir une pièce de théâtre dont la  dramaturgie  se fonde  sur l’intensité des dialogues. Les didascalies laissent augurer d’une mise en scène assez sobre. Fort de Joux fut le lieu d’incarcération de personnages célèbres et nous ne serions pas étonnés si leurs fantômes hantaient encore les corridors sinistres de ce « château ». Car ce sont peut-être ceux des deux protagonistes de ce drame en cinq actes, qui reviennent en ces lieux tristement célèbres et se rencontrent hors du temps puisqu’ils n’y séjournaient pas dans les faits, aux mêmes moments. L’un apparaît comme l’antithèse de l’autre. Philippe Cantraine revient sur les circonstances de la mort de Toussaint Louverture, personnage illustre de la lutte contre l’esclavage et pour la libération de Saint-Domingue. Dans la prison de Fort de Joux, il se retrouve face à face avec l’écrivain allemand Heinrich von Kleist. Leurs entretiens mettent en lumière la part d’illusion dans les espoirs de Toussaint Louverture de faire entendre raison à Bonaparte qui a rétabli l’esclavage et l’a fait jeter en prison : Toussaint : Oui. Tu penses que tous ceux-là sont des imbéciles. La tyrannie de Bonaparte, c’est une affaire qui se règle entre lui et moi. Ne t’en mêle pas. Les expressions emphatiques souvent grandiloquentes de Toussaint soulignent les différences culturelles entre les deux prisonniers et l’approche plus
réaliste et pragmatique de Kleist qui tente de lui faire prendre conscience de la réalité du comportement des hommes de pouvoir. Ceux-ci ne s’embarrassent guère de sentiments. Toute la force dramatique est communiquée par cet antagonisme.
L’absurde parvient à son comble lorsque Kleist est libéré et quitte la prison. Il n’est pas jugé utile de prévenir Toussaint qui y meurt à petit feu, sans que cela ne dérange la routine d’une journée à Fort de Joux, ni n’émeuve ses geôliers et leurs commanditaires. Kleist (à tous) : Pouvez-vous m’accorder encore un instant ? J’ai ici le Dictionnaire de la Grammaire française que le commandant Amiot a bien voulu me prêter… Pouvez-vous le lui rendre avec mes remerciements ? Au dernier acte reviennent les éléments essentiels du drame : la question raciale, l’attitude des gardiens de prison, la vie difficile de la seule femme servante, sujette à la violence irraisonnée, contexte inévitable de l’environnement carcéral. La pièce s’achève sur une péroraison de Gracchus, le seul qui savait lire et semble enfin reconnaître l’importance du prisonnier Toussaint : Et je vous jure… oui je dis bien je vous jure… que le nom de Toussaint que je graverai au Père-Lachaise sera bel et bien le dernier et le plus beau.

 

Dominique Aguessy

 

 

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