Dernières parutions :

Auteur : Christopher GÉRARD

Titre : QUOLIBETS

Editeur : L'ÂGE D'HOMME

Genre : Essai

Date de parution : 2013

 

Quolibets, journal de lectures

Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es : le proverbe, bien sûr, est aussi valable en littérature, peut-être même davantage, qu’en d’autres domaines. Qui sont donc les compagnons de route privilégiés de Christopher Gérard ? Une prédilection marquée pour Ernst Jünger ; et puis, Pol Vandromme, Henry Bauchau, Paul Morand et quelques autres.
Un point commun, chez tous : le goût de l’antiquité gréco-romaine, et le sentiment que nous sommes, par rapport aux siècles passés, en nette décadence. Le progrès de l’humanité est un mythe ; le mélange des races, une utopie, de même que la démocratie. On ne s’étonnera pas, dès lors, de le voir préférer le temps cyclique à la flèche du progrès. Peut-être y a-t-il, à la base, une peur devant l’inconnu qui nous attend, devant la masse et le nombre des sociétés du tiers-monde qui risquent de nous submerger. Mais n’avait-on pas déjà les mêmes peurs en 1900, devant la montée des classes populaires ? Et cette civilisation romaine, qui aurait dû s’écrouler devant les barbares et les chrétiens, elle devait alimenter encore la civilisation du Moyen-Âge et inspirer la Renaissance. Pourtant, l’édit de Caracalla, donnant droit de cité à tous les habitants de l’Empire, date déjà de 212.
De la même veine, la réhabilitation de ceux qui furent touchés par les procès qui ont suivi la victoire des Alliés en 1945. Bien sûr, il y eut là des excès, comme lors de toutes les victoires. Mais on conçoit mal, dans l’atmosphère de l’époque, les sentiments qu’aurait inspirés une amnistie générale.Ces réserves faites, Christopher Gérard n’a rien d’un doctrinaire : il admire Aragon prosateur, Boris Vian, Jean Genet, qui ne sont pas de son bord. Et ceux qu’il aime, il s’entend à les célébrer de maîtresse façon. Les pages qu’il consacre à Jünger, à Pol Vandromme, sont des modèles du genre, ceux d’une critique qui s’attache davantage à la connaissance et à l’amour – je pèse mes mots – qu’à la vaine érudition et à la recherche des effets. Il a l’art de la formule ramassée, concise, qui fait mouche. De plus, il nous fait découvrir bon nombre d’auteurs moins connus, qu’il excelle à mettre en lumière.
Pessimisme allègre d’un écrivain antimoderne, d’accord.  Sentiment d’exil par rapport à notre monde, fuite vers un monde plus ancien, et plus ou moins mythique, encore d’accord. Mais surtout, une conception altière de la littérature, une volonté de dépassement, une sorte de sacerdoce. Et là, nous pouvons le rejoindre sans peine.

Joseph Bodson

 

 

 

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