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16 octobre 2013

479e soirée des lettres – 16 octobre 2013

Avec la participation des élèves du Conservatoire de Bruxelles : Barnabé De Keyser, Alicia Duquesne, Zoé Henne, Céline Decastiau  (professeur : Jacques Neefs).


Première Soirée des Lettres de la saison 2013-2014, celle du 16 octobre 2013 n’adopte pas le modèle habituel, soit trois auteures, trois genres littéraires, trois présentateurs. Elle propose de partir à la découverte de cinq femmes écrivains, prosatrices, devenues membres de l’Association des écrivains belges au cours de la saison 2012-2013 et donc présentées pour la première fois à son public. Quatre d’entre elles viennent de publier un recueil de nouvelles, la cinquième est l’auteure de deux romans dont le dernier est sorti de presse depuis l’annonce du programme de la Soirée.

Qui sont-elles, quelles œuvres feront l’objet d’un commentaire ? les nouvellistes Line Alexandre, Ça ressemble à de l’amour (éditions Luce Wilquin), Aliénor Debrocq, Cruise control (Quadrature), Laurence Hesse, Math à mort (Memory), Silvana Minchella, Les louves (Chloé des Lys) et la romancière Martine Rouhart, Au fil des pages (Memory) et Puzzle (Memory). Leurs maisons d’édition sont toutes implantées dans nos régions.

On a le plaisir de retrouver pour les lectures, les étudiants du Conservatoire royal de Bruxelles avec qui a été inaugurée, en novembre 2012, la nouvelle formule des Soirées : Céline Decastiau, Barnabé De Keyser, Alicia Duquesne et Zoé Henne, actuellement en troisième année. C’est leur professeur, Jacques Neefs, qui a veillé à la mise en voix des dix textes qui seront lus : deux fois une page pour chacune des écrivaines.

La conception, la structure et la présentation de la Soirée sont dues à Claire Anne Magnès.

Un premier tour de table invite les auteures à dire quelques mots d’elles-mêmes, après quoi les comédiens liront un extrait de leur livre. Romaniste de formation, Line Alexandre réside à Liège. Elle a publié précédemment deux romans – Petites pratiques de la mort (2008) et Mère de l’année ! (2012) – dont elle donne brièvement la teneur. Son recueil Ça ressemble à de l’amour groupe seize nouvelles. « Ce qui les réunit, c’est la question fondamentale qui les habite : Qu’est-ce que l’amour ? » L’ouvrage a valu à Line Alexandre d’être finaliste du prix Emma Martin 2013 qui retint Gérard Adam pour lauréat. On écoute le début d’Un ciel bleu comme ça. Aliénor Debrocq est historienne de l’art. Elle vit aujourd’hui à Bruxelles, travaille à la radio et collabore au quotidien Le Soir avec des articles concernant des artistes, des musées, des expositions. Elle vient de participer, durant les journées « Fureur de lire », à une table ronde sur le thème « Fureur d’écrire ». Quatre des nouvelles de Cruise control – son premier livre – ont été primées lors de concours littéraires ; parmi elles, Les douze volées, dont est lue la première page. Avec Math à mort, Laurence Hesse, qui vit à Arlon, signe, elle aussi, son premier ouvrage. Après des études d’ingénieur civil en mécanique, cette scientifique travaille dans le secteur de l’énergie puis opte pour l’enseignement des mathématiques. Les enfants partis, disposant de temps libre, l’envie d’écrire la gagne. Dans la boutique d’un aéroport, elle achète un beau carnet, commence à le remplir ; désormais, l’écriture fera partie de son quotidien. On doit la préface de Math à mort au mathématicien Jean Mahwin, professeur émérite de l’UCL et membre de l’Académie royale. Le livre groupe cinq nouvelles qui touchent aux domaines des mathématiques et de la philosophie. La deuxième, Évariste, a remporté le prix Jean Lebon en 2011. Nous est lu le début du premier récit, Hypathie (v. 370-415, mathématicienne et philosophe grecque d’Alexandrie, assassinée par des chrétiens fanatiques). Silvana Minchella raconte comment, petite fille arrivée des montagnes d’Italie, elle découvre avec émerveillement l’ampleur d’une grande ville – Bruxelles – et la fascination des livres. L’argent destiné à sa collation de midi sert à l’achat de livres d’occasion. Très tôt, elle s’adonne à l’écriture : poèmes, contes pour enfants, nouvelles, un roman. Les louves, son sixième ouvrage publié, contient quatre récits. Les comédiens lisent le début du premier, Gina. Martine Rouhart travaille à Bruxelles comme juriste. Depuis l’enfance, elle est grande lectrice. Un problème majeur de santé l’immobilisant chez elle, elle se met à écrire, exprime par le biais d’un roman, son intérêt et son amour pour les livres et la philosophie. Ainsi nait Au fil des pages, dont le narrateur, Loïc, est à la fois porte-parole de la romancière et personnage créé, donc distant d’elle. En septembre, un deuxième roman sort de presse, Puzzle. Dans l’extrait d’Au fil des pages qui est lu, Loïc rentre chez lui avec les livres que lui a légués son amie Lily, récemment décédée.

Pour la deuxième étape de la Soirée, la présentatrice suscite des échanges de vues autour de trois questions qui concernent toutes les auteures et chacune d’elles. D’abord, le récit à la première personne du singulier. Les deux romans de Martine Rouhart sont entièrement construits de cette façon : contrepoint de deux « je » – un homme, une femme – dans Au fil des pages ; alternance de pages écrites à dix ans d’intervalle par la même narratrice dans Puzzle où, de plus, figure le journal tenu par son arrière-grand père – le « je » dans le « je ». Les cinq nouvelles de Laurence Hesse sont écrites à la première personne, que leur héros se nomme Hypathie, Évariste (le mathématicien français Évariste Galois), Aristote, Julius, narrateur des Corps platoniques ou Théano (philosophe, femme de Pythagore). C’est également le cas pour deux des nouvelles de Silvana Minchella. Line Alexandre et Aliénor Debrocq utilisent la première, la deuxième ou la troisième personne. Les réflexions des auteurs à ce propos sont particulièrement intéressantes et animées. La deuxième question proposée concerne le choix du genre littéraire : pourquoi la nouvelle ? pourquoi le roman ? On lira, par ailleurs, la page que chaque auteure a rédigée pour ce numéro de Nos Lettres. La troisième question porte sur le titre retenu pour les livres.


Le dernier tour de table est réservé à des questions qui touchent plus précisément chacune des prosatrices ; ensuite, les comédiens lisent un deuxième passage de leur livre. Dans Les louves de Silvana Minchella, Gina est un récit réaliste inspiré par le village italien qu’elle a connu mais les trois autres nouvelles donnent une place au paranormal, comme Une gorgée de rire dans un verre d’éternité, dont on entend une page. Martine Rouhart est invitée à parler de l’importance qu’ont pour elle les livres ainsi que la notion de temps. La lecture d’une page du « Carnet de Lily » illustre son commentaire. Les nouvelles de Laurence Hesse adoptent toutes les cinq des tons, des registres différents : thriller, autobiographie, analyse des faits et humour, récit façon XIXe, alliance de la comptine et de l’érotisme. La nouvelliste explique ce que sont les polyèdres réguliers, ces corps platoniques qui donnent leur titre au quatrième récit, dont les comédiens lisent une page riche d’allusions à de grands mathématiciens. Les récits de Line Alexandre naissent de la rencontre de personnes ou de situations qui l’ont poussée à se questionner. Le genre littéraire de la nouvelle convient spécialement pour restituer cette interrogation, ce suspens. Ainsi de celle intitulée Le coucou, dont est lue la première page. La présentatrice relève que chez Line Alexandre comme chez Aliénor Debrocq, la société actuelle est très présente, avec sa technicité (ordinateur, internet, cadre de travail…) et souvent aussi, sa déshumanisation. D’autre part, chez l’une comme chez l’autre, des situations extrêmement dures à vivre peuvent déboucher sur l’espoir ou une forme de paix. Un autre point qui les rapproche est d’avoir écrit quelques textes très brefs, de deux ou trois pages. Interrogée ensuite sur son écriture, incisive, très ponctuée, Aliénor Debrocq parle avec jubilation de son gout pour les virgules et les points d’interrogation. On écoute pour terminer une lecture à plusieurs voix, le début de Sékoia, agence immobilière où travaille la narratrice.

Le verre de l’amitié qui clôture la Soirée permet la poursuite des échanges entre le public, les cinq écrivaines qu’il vient de découvrir et les comédien(ne)s qui ont assuré les lectures.


Ce texte applique les rectifications orthographiques de 1990.

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