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18 décembre 2013

481e soirée des lettres – 18 décembre 2013

Gabriel Ringlet, Effacement de Dieu, Albin Michel, Paris, 2013. Présentation par l’auteur.

Gabriel Ringlet évoque tout d’abord l’abbaye cistercienne du Val-Notre-Dame au Québec, dont les plans sont dus à l’architecte Pierre Thibault, et où il a séjourné lui-même. La ligne directrice : fidélité à l’esprit de St Bernard. L’architecte y a combiné le bois, la pierre bleue et le verre. Au fond, une immense verrière qui donne sur la montagne, la forêt. En 2012, eut lieu en cet endroit une retraite des moines, sur le thème de l’effacement de Dieu. Les moines eux-mêmes ont travaillé à cet effacement.
Il fait aussi allusion au roman de Sylvie Germain, Hors-champ, dont le personnage, Aurélien, tend à s’effacer progressivement, un effacement qui en réalité le rapproche de ses contemporains. Les moines, eux aussi, s’effacent pour être proches des gens. Et n’est-ce pas Dieu lui-même qui s’est effacé ?
En ce livre, sept moines vont nous être présentés, sept moines-poètes qui ont pratiqué cet effacement : François Cassingena-Trévedy, de Ligugé, qui accompagne régulièrement les campagnes de marins-pêcheurs, fait de la moto, dirige les chants, et a publié plusieurs recueils intitulés Etincelles. Gilles Baudry, de Landévennec. Il voit, lui, la mer de sa cellule, et nous parle, en ses recueils, de tisser la mer, la neige et la mort. Jean-Yves Quélec, de Clairlande, aumônier d’hôpital, a construit son œuvre poétique sur l’accompagnement. Charles Dumont, cistercien de Chimay, spécialiste de St Bernard, ami de Thomas Merton, a écrit un commentaire du Cantique des Cantiques. Une moniale : Catherine-Marie de la Trinité, pratique le minimalisme en poésie, et s’est aussi attachée au Cantique des Cantiques. Le père Christophe, une des victimes de Tibérine. Un cistercien, le P.Le Breton a écrit des poèmes sur le baiser.
Dieu mûrit, disait Rainer-Maria Rilke. Dans le silence, dans l’effacement. Dieu est toujours à construire, selon la voie franc-maçonne.
Et un beau symbole pour terminer, ces musulmans qui se rendent en pèlerinage au Val-Notre-Dame.

 

Isabelle Bary : La vie selon Hope, roman, Luce Wilquin, présentation par Joseph Bodson.

Isabelle Bary, après avoir fait des études d’ingénieur commercial à l’École de commerce Solvay, décida de partir à l’aventure, un an, sac au dos avec son compagnon. Initiative heureuse, puisque ce contact élargi avec la planète et ses habitants allait nous valoir quelques livres précieux à plus d’un titre.
Précieux, parce qu’ils prônent le retour vers des choses simples, naturelles, dans un monde désorienté, bousculé, et bien souvent voué aux contacts superficiels. Précieux, parce qu’ils révèlent une qualité d’accueil peu ordinaire. Précieux enfin, parce qu’ils rayonnent d’un optimisme qui n’a rien de béat, mais qui est bâti sur la volonté rare de vivre et d’être là, tout simplement. Même si ce n’est pas toujours très simple, justement : nous avons noué tant de nœuds dans nos vies, et brouillé tant de cartes.
Ici, c’est un chien qui s’appelle Hope qui servira d’intermédiaire, et qui permettra à son maître, le vétérinaire Blom, de trouver le vrai sens de sa vie : après un long détour par l’Inde, où se rencontrent le chien et son futur maître (mais qui des deux est donc le Maître ?), et maintes aventures, Blom, qui rêvait d’une destinée brillante et pleine d’aventures, plutôt que de la vie monotone d’un petit vétérinaire de province, va enfin réaliser que c’est là précisément que se trouvent les vraies richesses…
Le livre a été inspiré à Isabelle Bary par une conversation avec son vétérinaire, qui lui a permis de disposer de toute la documentation technique qui était nécessaire. Mais elle avait en elle, au préalable, cet amour des bêtes, et notamment des chevaux : restés proches de la nature, ils peuvent nous permettre de retrouver ce contact avec elle, que nous avons perdu.
Rien de mièvre, rien de banal : l’humour est là, toujours présent, sous-jacent, et l’humour, c’est bien plus que l’humour : une façon d’affronter la vie, une philosophie. Le récit est servi par un style simple, naturel, sans fioritures : l’auteure va droit à l’essentiel.
Un grand bol d’air pur, rien que du bonheur.

 

Christopher Gérard, Quolibets, essai, L'Âge d'Homme, Lausanne, 2013. Présentation par Jean-Baptiste Baronian.

Jean-Baptiste Baronian commence par rappeler que le dernier roman de Christopher Gérard, Vogelsang, a reçu le prix Indications.

Les quolibets, note l’auteur,  ce sont des railleries injustes, de mauvaise foi. Mais, étymologiquement, un quolibet, c’est ce qui plaît, et c’est ce sens qu’il faut ici privilégier.
Dans cette étude, purement subjective, l’auteur va présenter 68 écrivains présents et passés.

J-B.B. : De petits portraits, dont Stendhal est le plus ancien.

C.G. : J’aurais pu commencer par Héraclite…C’est un peu écrit à la diable.

Pourquoi Stendhal, qui revient de manière récurrente ? Alors que le 18e est escamoté.

Il n’y a là rien d’ordonné, c’est une manière d’autoportrait. Pour le 20e, j’ai privilégié Paul Morand, un des plus grands prosateurs, estimé par Céline, et qui a entretenu une correspondance avec Jacques Chardonne. Il a connu le purgatoire de son vivant, du fait qu’il avait été ambassadeur de Vichy en Roumanie. On le redécouvre aujourd’hui. Et puis, Michel Déon, Jacques Laurent, Nimier, les hussards, un mythe forgé par Bernard Franck. ; ils étaient opposés à Sartre et aux communistes, et prônaient une littérature dégagée.

Et les hussards d’aujourd’hui.

Chez eux, une méfiance devant la modernité et la religion du progrès.

Philippe Murray ?

Il a publié un livre sur Céline, des chroniques, c’était à la fois un homo festivus, et un homme du vide contemporain, quelqu’un d’extrêmement mal pensant.

Guy Dupré ?

Toujours réédité, un écrivain pour les happy few. Un homme très secret. Marcel Schneider, auteur de contes fantastiques, avec un côté « romantique allemand » Et puis, aussi, Gabriel Matzneff, un styliste de premier ordre.
Jünger, un des rares étrangers à être repris, avec son côté cosmique, panthéiste.
Parmi les Belges, Baronian, Corinne Hoex, Jacques De Decker, Delzenne, un personnage flamboyant, qui menait une vie de rentier. Et puis,  à ne pas oublier, Jacqueline de Romilly, qui nous ramène aux Anciens.

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