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19 février 2014

483e Soirée des lettres – 19 février 2014

La séance commence par une minute de silence en mémoire d’Alain Bertrand, décédé prématurément à l’âge de 55 ans.

Jean Lacroix, Wagner 2013, éd. Les Claines – présentation par Pierre Solot.

Le bicentenaire ? Un spectacle foisonnant, note Jean Lacroix. Un personnage qui a dominé la scène musicale allemande, mais aussi un personnage dérangeant, L’aime-t-il vraiment ? demande le présentateur.
Je suis fasciné par sa musique, mais j’ai beaucoup d’hésitation devant ses écrits.
Le livre se présente-t-il comme un procès de Wagner ?

Je m’adresse à des jurés, devant lesquels les musiciens doivent comparaître. Par ailleurs, ma rencontre avec vous est bien réelle, mais elle a eu lieu en Belgique, et non à Bayreuth.
Son antisémitisme a été repris par Hitler.
Il a épousé Cosima Liszt, beaucoup plus jeune que lui, qui a été en charge du festival, et ensuite ce fut leur fils, qui a épousé une Anglaise très hitlérienne. C’est encore la famille qui gère le festival, avec beaucoup de discordes internes.
Et puis il y a les dettes, surtout envers Louis II de Bavière…
Il a toujours profité des autres, avec des goûts de luxe très prononcés, notamment pour son habillement. C’est ainsi qu’il avait une robe de chambre à queue de paon. Au château de Neuschwanstein, conçu par Louis II, l’influence de Wagner est très marquée.
(Suit la lecture d’un passage dans lequel l’auteur, chez un bouquiniste de Bayreuth, cherche d’abord en vain un buste de Wagner, alors que les autres musiciens sont fort bien représentés. Il finit par en trouver un, mais un petit modèle par rapport aux autres…)
En-dehors du festival, Bayreuth est une véritable ville morte.
Tu t’es livre à des recherches très pointues et très vastes.
En 2012, c’était le bicentenaire, de Wagner mais aussi de Verdi. En fait, ils ne se sont jamais rencontrés, malgré la rencontre imaginée par Franz Werfel dans un de ses romans. Ils ne s’estimaient pas beaucoup. Néanmoins, à la fin, Verdi aurait voulu le rencontrer : trop tard, il venait de mourir. J’aurais beaucoup aimé que cette rencontre eût lieu. Pierre Solot va terminer cette présentation en beauté, en nous interprétant au piano une transcription de Lohengrin par Liszt.

 

Philippe Raxhon, Liège à la conquête de l'eau. Des origines au centenaire de la CILE, Éditions Luc Pire, 2013.

Rappelons simplement que Philippe Raxhon a aussi écrit du théâtre, de la poésie, et des ouvrages d’histoire, Territoires de la mémoire et Le débat Lumumba notamment.
Il fut non l’auteur, mais le directeur scientifique du présent livre, issu d’une rencontre Luc Pire et le CIBA à l’occasion de l’anniversaire de ce dernier en 2012. Mais il ne s’agit pas d’un livre d’entreprise. La dimension de l’eau peut refléter divers symboles, d’où une vision qui sera chronologique et thématique. Trois parties : un exposé historique, une source d’inspiration, des marques dans l’espace, un enjeu politique et économique.
Marcel Otte, préhistorien, parle de l’environnement sauvage et marécageux, faisant parler beaucoup les traces des hommes de ce temps : une pierre, extraite des carrières de la rive droite, et que l’on retrouve rive gauche, par exemple. Marc Suttor, lui, traite du Moyen-Age, au cours duquel la Meuse fut le véhicule de l’économie. Vers l’an 1000, on dégage des surplus, et la population augmente. Mais le fleuve est comme un animal sauvage. Liège est traversé de méandres, et c’est la Legia surtout, plus que la Meuse, qui marquera cette époque.
Joseph Deleuze, lui, évoque le trafic historique, la mémoire populaire attachée à l’eau. La maîtrise s’exercera notamment sur les eaux souterraines.
Sylvie Barnay étudie le rôle des Cisterciens dans l’aventure de l’inventivité humaine. Ils ont été ingénieurs et inventeurs au Val-Dieu à Amay, au Val-Saint-Lambert.
Sébastien Dubois, archiviste et historien, traite du 18e et du 19e siècles. La ville est de plus en plus peuplée, sale et polluée, l’industrie se développe, notamment avec Velbruck. Les savants vont y jouer un rôle important, notamment par le biais de la Société d’émulation. Le manque d’hygiène aura des effets dévastateurs, notamment du fait du choléra.
Claude Gaier, spécialiste de l’armurerie liégeoise, traite lui aussi de l’industrie, notamment de l’exhaure, tandis que Philippe Thomsin souligne l’importance des roues de moulin en fer. Catherine Lannoo, enfin, analyse les approches politiques, le canal Albert, le trafic fluvial, la liaison avec Anvers.
En ce qui concerne l’esthétique, on notera une étude sur les châteaux d’eau de Duchêne. Sébastien Charlier évoque l’exposition de 1939, tandis qu’Eric Geerkens donne une monographie de la C.I.L., au point de vue économique et social.

L’eau, à la fois ennemie et amie : depuis des siècles, c’est une bien longue histoire, au cœur même de la ville.

 

Geneviève Bergé, Fra Angelico sans audio guide, essai, cheminement spirituel, Éditions l'Âge d'Homme, collection Santi, présentation par Philippe Mathy.

Une collection originale, dédiée à une rencontre entre un écrivain et un saint. Elle est dirigée notamment par Philippe Mathy, qui gère aussi une galerie d’art, le Front aux vitres. Dans la même collection, sont prévus : Brigitte de Suède, par Piet Lincken, et Thomas More par Daniel Charneux  et peut-être Thérèse de Lisieux par Liliane Wouters.
Pour Geneviève Bergé, ce ne fut pas un compagnonnage suivi : on ne sait rien de lui, à part les légendes rapportées par Vasari.
Il fallut donc trouver le bon angle d’approche. Elle a été saisie par le contraste entre le fini de sa peinture et ce qu’en rapporte la légende, suivants laquelle il peignait sans difficulté aucune ; c’était la main de Dieu qui peignait par la sienne.
Or, on constate, dans ses Annonciations notamment, qu’il était très attentif au concret, aux détails.
Philippe Mathy : Le pourquoi de la réflexion : Geneviève Bergé use à dessein d’images triviales, qui nous ramènent à notre époque.
La peinture pense, ce qui est très loin de la peinture narrative. La peinture est un langage.
Geneviève Bergé doit beaucoup, nous dit-elle, à Daniel Arasse et à Didi Huberman.
Elle attire d’autre part l’attention dur le fait que Fra Angelico possède le même surnom que Thomas d’Aquin.
Une lecture nous conduit au couvent San Marco, où il a peint non seulement les endroits destinés à la communauté, mais aussi les cellules.
Philippe Mathy fait part de sa  perplexité : des peintres qui furent aussi des assassins, comme le Caravage, Masaccio ; mais ce n’est pas pour autant, qu’eux aussi ne soient pas en chemin vers Dieu.
Par ailleurs, on instruit le procès en béatification de Gaudi…
Le lien entre la personne et l’œuvre n’est pas toujours évident, et c’est l’un des aspects que vont rencontrer les auteurs de la collection.

 

 

 

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