Dernières parutions :

Auteur : Agnès DUMONT

Titre : MOLA MOLA

Editeur : ÉDITIONS QUADRATURE

Genre : nouvelles

Date de parution : 2013

 


Mola mola

Après Demain je franchis la frontière (2008) et J’ai fait mieux depuis (2011) –  prix Georges Garnir 2011 de l’Académie royale de langue et de littérature françaises – Agnès Dumont vient de publier un troisième recueil de nouvelles, Mola mola. Comme les précédents, il est édité par Quadrature (B-1348 Louvain-la-Neuve). Le numéro de décembre 2013 de Nos Lettres aura appris à ceux de nos lecteurs qui l’ignoraient encore que cette maison s’est entièrement dédiée au « genre littéraire passionnant, capricieux, multiforme » qu’est la nouvelle. Plusieurs membres de l’AEB lui ont confié leurs livres : Aliénor Debrocq, Liliane Schraûwen, Marie France Versailles.

Douze nouvelles figurent au sommaire de Mola mola. À deux exceptions près, elles ont pour titre un prénom. Celui de la narratrice (du narrateur) ou du personnage central ? Non. Celui d’un second rôle, d’une présence en retrait, mais marquante pour celle ou celui qui est au cœur du récit : souvenir obsédant, modèle à qui s’identifier, chanteuse (chanteur) dont la musique accompagne le déroulement de l’histoire, élément de départ d’un soliloque, personnage secondaire qui prend soudain une place majeure. Seul JR désigne l’héroïne, Jeanne Rose, laquelle préfère ce surnom tiré de Dallas à un prénom trop bourgeois pour elle. Agnès Dumont conte avec humour les équipées de cette octogénaire férue de romans policiers et de séries télévisées. De même que JR, Julia est un récit à la troisième personne. Pour ses dix autres nouvelles, l’auteure a opté pour le je au féminin, sauf dans The clash et Lulu.

Ces pages offrent douze portraits vus du dedans : le je implique le regard sur soi. Celui sur les autres s’avère subjectif, avec les erreurs de jugement dues aux idées toutes faites (si commodes), à l’égocentrisme, à l’autosatisfaction. Erreurs ? mensonges, parfois : à l’autre, à soi-même. On veut briller, séduire, on occulte les problèmes, on fait semblant. Ou on feint l’indifférence, tel le mola mola, le poisson lune qui nage lentement entre les requins de l’aquarium de Lisbonne.

Agnès Dumont donne vie à des êtres dont les personnalités diffèrent : celle-ci est imbue d’elle-même, celle-là inquiète et sur le qui-vive, celle-là encore éprouve durement un sacrifice qu’elle est seule à mesurer. Si, mise à part JR, ces nouvelles incitent plus au sérieux ou à l’émotion qu’au sourire, plusieurs s’illuminent d’instants de bonheur aussi intenses qu’imprévus : l’entente tacite presque immédiate avec la fillette adoptée, le choix d’études du petit-fils, la jeune femme aimée si longtemps en silence que l’on prend enfin dans ses bras, la détente libératrice d’une journée à Chinatown.

Les nouvelles d’Agnès Dumont sont très bien construites. On les lit avec un plaisir qu’accentue la variété des registres et des tons : les personnages qui disent « je » s’expriment selon eux-mêmes car l’auteure leur a donné la parole en s’effaçant derrière eux.

 

 

Claire Anne Magnès

 

 

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