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Auteur : Éric BROGNIET

Titre : GRAPHIES, NUE NOIRE


Editeur : TÉTRAS LYRE, COLLECTION LETTRIMAGE

Genre : poésie

Date de parution : 2013

 

Graphies, nue noire

A propos des Graphies nue noire :

« Ecrire avec de la lumière
C’est noter des vertiges »

Graphies, nue noire situe Eric Brogniet au point topique de son art ! Voilà  qui réjouira nombre de ses lecteurs et lui vaudra sans aucun doute le privilège d’attiser nombre de sensibilités dormantes. Comme par le passé, Brogniet atteste son rejet de la tiédeur, du convenu et de l’uniformité. La cohabitation entre le poète et le photographe (Marianne Grimont) donne tout son sens aux navettes continuelles entre l’obscurité et la lumière : « Lumière est pure où abolir la nuit » ; « Celui qui voit est occulté/Celui qui entend est malentendu ». Mais la mobilité de l’écriture ne s’arrête pas à une oxymore ; elle se multiplie et se génère dans les postures les plus inattendues : « L’apparition est l’antidote de l’apparent » ; « Il n’est plus d’apparence/L’apparition seule » ; « L’épure émergeant du chaos » ;  « La mort parle à travers ce qu’elle ne peut plus dire ».  Brogniet négocie tous les virages du palpable, de la vie possible, avec le référentiel que lui prête l’image : « Images surgies de la nuit/Contre toute idée même de représentation/Ce qui flotte dans les emboîtements/Ce qui chuinte par flashs ».  Il faut patienter  comme le ferait un promeneur, le long des berges du poème, pour que l’auteur révèle le cœur de son art : « Là où elle bouge, elle mue/A travers sa configuration ». Le pronom personnel ouvre la boite de Pandore car l’image, à l’instar de la présente-absente, mute, s’étire, se déploie, se rétracte et « …s’avance/Vers la prescience/De sa propre/Dissolution ». Le recueil tout entier s’attarde au travail indépendant de la cellule- quasi matricielle- qui donne la vie et projette inlassablement des écarts, des incertitudes, des apparences : « L’obturateur ouvert/Durant une microseconde/Elle se verra dans ce qui la regarde/Où elle ne peut aller ». Le désespoir de l’image renversée - ou inversée - est à l’origine du chaos, de la confusion, «Une errance par ionisations » en quelque sorte. Vivre, c’est tenter de fixer l’image, semble souffler Brogniet, mais la démarche est vouée à l’échec car « …l’indistinct/Brûle la langue ». N’en est-il pas de même  pour le langage ? Pour le désir ? Pour le verbe ? Navette, disions-nous, entre l’obturateur et la capture d’images, balancier douloureux d’une horloge astronomique interne, comment le poète saisira-t-il sa relation avec toute représentation, avec l’autre, avec la vie, sinon en avançant les pièces d’un échiquier voué lui-même à la métamorphose ?  Le poète ne se fait guère d’illusion sur un hypothétique entendement qui ratifierait à la fois la vie, l’image et le verbe !  Il ne répond pas plus à l’angoisse que notre dissolution témoignerait de nos apparences : « La nuit étant blanche et noire, le poète/Vivra toujours dans ses étranglements/Que nul ne pourra jamais comprendre/Sauf s’il s’est pendu ». Constitué de quatrains où l’idée de « transgresser l’immobile » trouve en elle-même les éléments de sa propre métamorphose, le  dernier ouvrage poétique d’Eric Brogniet est à lui seul, un essai sur la pluralité des mondes contrariés qui nous habitent et sur la  précarité quasi génétique de nos représentations.

 

 

 

Michel Joiret

 

 

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