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23 avril 2014

485e soirée des lettres – 23 avril 2014

Luc Moës, Ambres, éditions Beyaert Press. Présentation par Piet Lincken.


Le choix de Luc Moës a été d’auto-éditer quatre recueils, qui ont chacun leur physionomie.
Piet Lincken remarque que le parcours de l’auteur est un parcours spirituel et même métaphysique.
Luc Moës explique alors la nécessité qui le pousse à écrire.
Il trouve le salut par l’écriture, l’écriture, assure-t-il avec force, constitue pour lui  une véritable issue.
Piet Lincken constate que l’âme vibre dans le tragique aussi bien que dans l’esthétique.
Georges Semprun est évoqué, lui qui n’hésitait pas à écrire sur des papiers d’emballage s’il le fallait pour y laisser sa trace.
Engage ta barque sur le lac, clame l’auteur, et il s’agit là d’un véritable acte de foi, de résistance intérieure tel un arbre qui résiste dans la tempête.
La question de Piet Lincken fuse alors : avoir la foi, est-ce résister ?
Sans aucun doute, répond l’auteur, dans la mesure où il convient de résister aux impulsions afin que l’âme et la conscience de soi se dégagent pour migrer vers le haut.
La foi selon Luc Moës indiquerait de ne pas nier les autres mais bien de se construire soi-même.
Ce pourrait donc être aussi un choix laïc ? ose demander Piet Lincken.
Sans aucun doute puisque, selon Luc Moës, toute résistance implique une façon de se positionner au monde.
La nature est aussi très présente dans l’ouvrage, elle y est évoquée comme un reflet de soi-même.
L’auteur remarque que rien ne le soulève autant que la beauté, physique et morale, et la nature y participe.
La beauté, dit-il, restaure la confiance de soi, elle va vers la vie. Il éprouve envers elle un sentiment d’infinie gratitude.
Adorer le mystère et nous taire.
Le prochain n’est plus qu’un autre soi-même.

La spiritualité ici évoquée semble plus large, insiste Piet Lincken, elle peut toucher toute personne.
Evoquant Jésus, Luc Moës le cite : aimer les autres comme soi-même, conscient de soi on finit par ressentir ce sentiment de ne plus faire qu’un avec les autres.
Piet Lincken rapproche alors les ouvrages de Luc Moës de l’esprit des philosophies orientales, de ses symboles, en particulier celui des lacs, l’eau qui se repose, lacs étincelants et discrets comme l’eau, ils ne pipent mot…
Etonnez-vous ! lance alors Luc Moës, étonnez-vous devant le monde comme devant une révélation, c’est ainsi qu’on accède à la reconnaissance et qu’on renaît, forts d’une vision nouvelle.

Michel Joiret, Propos d’inquiéteur, éditions du Cygne. Présentation par  Evelyne Wilwerth.


Comme le souligne Evelyne Wilwerth, le détonateur du livre de Michel Joiret a été cette affiche en couverture de Privat Libremont, l’auteur est effectivement entré dans cette l’image, une image de jeunesse, de sensualité et d’érotisme, qui l’a absolument fasciné.
Elle est, dit-il, le contraire de la mort, l’inverse de l’absence, elle allume en nous des signaux qui attestent notre état de vivant.
Il a littéralement pénétré cette affiche pour écrire son livre.
On évoque alors les Carnets de Gide, son expérience de la guerre à Tunis en 43, carnet dont Michel Joiret s’est inspiré.
Evelyne remarque le caractère obsessionnel que prend l’affiche dans l’écriture du livre.
L’auteur reconnaît qu’elle est présente car elle représente à ses yeux le contraire de la menace et de la mort, elle représente la jeunesse et la vie
Le verre d’absinthe que tend la jeune femme invite à l’échange et il ajoute que Verlaine sans doute n’est pas loin.
L’affiche de Privat Libremont nous présente la beauté inaccessible.
Sensible à ces moments de bonheur fulgurants, Evelyne Wilwerth se demande alors s’il ne s’agit pas aussi de mélancolie. Michel Joiret évoque alors l’effroyable mélancolie mais assure que la beauté ne vieillit pas, qu’il est rassurant de savoir que les choses ne meurent pas, il nous parle alors de renouvellement.
Il a voulu répondre à la jeune femme de l’affiche, lui faire la grâce des mots de son livre, répondre au cadeau qu’elle fait à travers le peintre qui l’a conçue.
Evelyne souligne combien il est important pour l’auteur de rester dans l’intensité, de rester rebelle.
Les mots nous y aident, rappelle Michel Joiret, il souligne que l’écriture reste un élément intégrant de sa vie.
Evelyne remarque la gamme de verts évoqué dans l’ouvrage et qui constitue un vrai travail d’artiste.
Michel Joiret termine par une allusion à Augustin Meaulnes, dont la jeunesse, la quête d’infini et le côté rebelle n’ont jamais cessé de séduire l’auteur, il a eu lui aussi des propos d’inquiéteur.

Giuseppe Santoliquido, Voyage corsaire, éditions Ker. Présentation par Nicole Versailles.


Nicole Versailles  présente d’emblée Giuseppe en tant que politique humaniste et lui demande comment il est arrivé à écrire le « Voyage corsaire », quel en est l’intention.
Giuseppe précise qu’il s’agit dans ce roman de confronter l’irrationnel et le rationnel, le roman se situe entre rêve et réalité, il croit que la coexistence de ces deux conceptions nous donne une possibilité de réponse pour aborder les problèmes existentiels de notre monde contemporain où la créativité n’est pas assez prise au sérieux. Une pleine ouverture à l’imaginaire, un rapport plus poétique au monde pourrait, d’après l’auteur, fournir une réponse plus efficace aux questions que pose notre monde contemporain.
L’Afrique s’est imposée à lui, car il y travaille souvent, ainsi que la figure de Pasolini.
Nicole Versailles cite un passage poignant du livre, celui ou un vieil homme au seuil de la mort attend son totem qui chemine et vient le rejoindre.
La présentatrice évoque  ce Pasolini qui met en scène des récits d’Eschyle en pleine savane avec des acteurs locaux. Toujours présent dans le livre, ce conflit entre rationalité et irrationalité et le tribunal humain qui va donner gain de cause à l’un et à l’autre.
Nicole Versailles parle alors de Simon, ce personnage attachant, qui lui a paru pour sa part sombre et douloureux, ce chauffeur de taxi accompagnateur, nous raconte Giuseppe,  a réellement existé, il y a chez cet homme une sorte de fatalisme, nous serions pour lui le résultat d’une longue chaîne de corps et de cicatrices et chacun serait investi d’une mission.
Nicole Versailles insiste sur le contraste qui surgit à la fin du livre entre les descriptions de l’Afrique et le retour à Bruxelles, ses pavés, ses portables.
Pourquoi, demande-t-elle en finale à l’auteur, toujours indiquer le nom complet de tes personnages, quelle en est la raison ?
Sans doute y en a-t-il une, répond Giuseppe, mais je ne la connais pas.
Le public est ravi, les meilleures œuvres ne sont-elles pas celles qui se terminent par un point d’interrogation ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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