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17 décembre 2014

490e soirée des lettres – 17 décembre 2014

Daniel Soil, En tout ! , éditions M.E.O.. Présentation par Michel Joiret.

Plaisir tout d’abord de retrouver parmi nous Daniel Soil pour quelques jours en Belgique avant de repartir en Tunisie où il est depuis 2008 délégué de la Fédération Wallonie/ Bruxelles. Dès les premières questions de Michel Joiret, on sent l’empathie entre les deux hommes, entre les deux écrivains et aussi l’enthousiasme de Michel Joiret pour ce En tout ! qui relate, écrit à la première personne, les souvenirs de Jean, un jeune  enseignant dans les années 70, les relations ouvertes et chaleureuses entre lui, Ixellois profondément ancré à gauche, et ses élèves, sa découverte de leurs attentes et de leurs engagements, sa confrontation avec les affrontements politiques au sein même de sa classe, rencontres ô combien enrichissantes et pour le prof et pour ses élèves !  Les souvenirs aussi d’autres rencontres sentimentales celles-là : Je me joue l’histoire d’un gars qui se cherche, entre une petite amie au lourd passé et un boulot qui l’accapare… lit Michel Joiret, nous exposant ainsi tour à tour les chicanes sociopolitiques particulièrement complexes de l’époque autour, entre autres, de la Palestine (rien de changé  d’ailleurs…) et la véritable histoire d’amour qui, d’Anna à Elvire, de la jeunesse à la maturité de Jean, forment la trame de En tout ! Tout cela sur l’étourdissante toile de fond qu’est dans le livre comme pour les deux comparses qui en face de nous échangent, à la fois émus et souriants, leurs propres souvenirs, ce cher Ixelles de leur naissance et de leur jeunesse ! (Ixelles, Ixelles ! Ah ! qu’Émile Kesteman présent eût bu du petit lait !...) Un livre, dira en terminant Michel Joiret, profondément humain, d’une rare lucidité, tout à la fois réservé et chaleureux, prudent et empathique, à lire pour se rapprocher de soi et des autres, de ses émotions et de ses souvenirs.

Daniel Charneux,Trop lourd pour moi, Éditions Luce Wilquin. Présentation par Jean Jauniaux.

Qui de plus indiqué pour présenter le beau septième roman de  Daniel Charneux que cet autre romancier, mais aussi, sous le nom d’Edmond Morrel, ce si fin psychologue et si magnifique promoteur de la Culture et des Lettres qu’est, au fil de ses innombrables interviews, Jean Jauniaux ? Pas étonnant donc si, après avoir fait remarquer que Trop lourd pour moi débutant au mi-temps des années 50 pour s’achever de nos jours se présente un peu comme une « plongée dans une forme de nostalgie vintage », la première question de Jean Jauniaux porte tout de suite sur l’art d’écrire et le métier de l’écrivain : « Quelle est pour vous, Daniel Charneux, la fonction de l’écriture romanesque ? » « C’est, oui, une sorte de catharsis. Á travers des souvenirs personnels transposés, on expulse de soi des pulsions, on libère certains nœuds qui pourraient rester en nous… » Le narrateur, Jean-Baptiste Taillandier, ayant commencé la relation de ses souvenirs par un « Je dirai tout », Jean Jauniaux demande à Daniel Charneux comment lui est venue l’idée de cet incipit ? À cette question et à d’autres qui suivront, Daniel Charneux répondra : « Pour qu’un romancier écrive, il faut qu’un sujet s’installe. L’idée de ce livre – et de cet incipit – a mis chez moi dix ans à aboutir… Georges Perec, pour qui j’ai beaucoup de sympathie, utilise dans son livre Je me souviens 480 fois une phrase commençant par ces mots. J’ai aussi voulu montrer cet écoulement du temps dans la vie de Tallandier, personnage de grande complexité puisque,  psychologue de métier, il est ouvert et dévoué aux autres, mais il souffre d’anaphrodisie, c'est-à-dire de cette forme de frigidité qui le prive de tout désir y compris sexuel. J’ai beaucoup travaillé ce texte pour que la phrase, plus courte que dans mes autres romans, colle au personnage. De plus, toujours m’inspirant de Perec et de ses contraintes oulipiennes, je me suis efforcé de faire entrer dans mon livre tous les mots du poème Enfance de Rimbaud. Tout roman est à usage interactif, tout livre peut devenir un parcours, tout  roman, c’est la capacité du mentir-vrai… » Une passionnante présentation qui invite à réfléchir aux multiples facettes de l’art d’écrire et qui donne envie de lire ou de relire Trop lourd pour moi !


Jean-Loup Seban, Désirs apollinaires, Robert Clerebaut, imprimeur, Bruxelles 2014. Présentation par Anne-Michèle Hamesse.

Ah ! changement total de ton et de présentation pour ce troisième ouvrage de la Soirée ! Et aussi changement de siècle, puisque de deux romans bien ancrés dans le XXe, nous remontons allègrement au XVIIIe avec le roman-essai Désirs apollinaires de Jean-Loup Seban présenté par une Anne-Michèle Hamesse conquise et enthousiaste : « On est envoûté, s’exclame-t-elle d’emblée.  Par vos mots, par le bercement de votre prose, par, en un mot, votre poésie, qui nous submerge et nous entraîne loin. Je ne sais pas s’il existe des vies antérieures, mais s’il en est, la vôtre devait forcément se passer au XVIIIe siècle ! » Et de poursuivre : « Désirs apollinaires est un trésor de lecture, riche et incomparable.
Ranger cette œuvre unique dans sa bibliothèque  équivaut à y glisser un joyau insolite, un bonheur de bibliophile, sa couverture ornée de teintes raffinées et de dessins multiples est à l’image de ces enluminures anciennes qui font le régal des esthètes ! » Et de nous résumer ici, posant de temps à autre une question à Jean-Loup Seban dont fusent les réponses pleines d’humour, l’histoire du jeune Macare parti au pays batave sur les traces du philosophe Hermsterhuys pour y étudier son œuvre et sa philosophie. « Le langage de Jean-Loup Seban, poursuit-elle, aborde les rivages littéraires armé d’une langue particulière, fortement imprégnée de ce XVIIIe siècle qui lui est si cher et qui résonne de timbres aujourd’hui inusités. De plus, loin de toute pédanterie malgré le sérieux du sujet, il pratique avec tant de verve et humour l’autodérision que, en de nombreux passages comiques, il fait rire franchement son lecteur ravi. » Et Anne-Michèle Hamesse de terminer en disant : « Désirs Apollinaires est un livre rare, au verbe incomparable, unique, loin des écritures souvent convenues de notre siècle. Plutôt que d’écrire une biographie rigoureuse et académique, vous avez choisi, Jean-Loup Seban, de nous offrir, avec ces Désirs apollinaires, un récit, comme vous dites, enromancé, où votre belle imagination a trouvé son lieu. »

 

France Bastia

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