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18 février 2015

492e soirée des lettres – 18 février 2015

 

Remise du prix Elie Rodenbach à Jan Baetens. Présentation par Vincent Tholomé.

La soirée des lettres du 18 février s’est déroulée en deux parties.


Avant les traditionnels dialogues avec les auteurs à propos de leur dernière parution a en effet eu lieu la cérémonie exceptionnelle de remise par notre président du prix Elie Rodenbach à Jan Baetens.


Exceptionnelle, cette cérémonie le fut d’abord du fait que ce prix est destiné à n’être attribué qu’une seule fois. Créé par la volonté d’Elie Rodenbach récemment décédé, le prix de l’AEB qui porte son nom a été institué pour distinguer un auteur flamand ayant choisi de s’exprimer en français sans  renoncer à ses racines.

Jean Lacroix rappela d’abord la personnalité d’Elie Rodenbach et lui exprima la gratitude des écrivains belges de langue française pour son initiative. Son prix s’inscrit au coeur du patrimoine moral de l’association, attaché à la mémoire de son fondateur.

Elie Rodenbach, comme son ancêtre Georges Rodenbach, était essentiellement un poète et un amoureux de la langue française tout en se montrant fin connaisseur de la littérature néerlandophone. Né et établi à Gand, il fonda en 1977 la Kermesse aux Poètes de Flandres. Membre fidèle de l’AEB, c’était une personnalité attachante et généreuse. Son talent était reconnu tant parmi les milieux culturels flamands qu’en Belgique francophone. Son œuvre poétique est analysée dans l’ouvrage de référence sur Les Lettres Françaises de Belgique paru chez Duculot.

Le président Lacoix s’attacha ensuite à démontrer combien, par sa personnalité et par son talent, Jan Baetens méritait ce prix. Poète flamand ayant choisi de s’exprimer en  français, Jan Baetens est aussi professeur à l’Université de Leuven. Il a publié en 2002 une anthologie très remarquée de la poésie belge contemporaine et a reçu en 2007 le prix triennal de poésie de la Communauté Française. Son livre Hergé écrivain, paru chez Flammarion, est un classique.

Vincent Tholomé nous présenta plus particulièrement l’œuvre poétique du lauréat, déjà riche de nombreux recueils. En dialoguant avec lui, Jan Baetens put ainsi nous  rappeler combien sa démarche de poète est enracinée dans la langue qu’il a choisi pour s’exprimer. Cette langue détermine pour l’inspiration un rythme propre, différent de l’une à l’autre. L’art est alors de transcender ce cadre général pour communiquer une émotion  de manière personnelle.

La seconde partie de la soirée nous a permis ensuite de découvrir des œuvres récentes de deux auteures, Françoise Pirart et Nicole Verschoore.

Françoise Pirart, Chicoutimi n’est plus si loin, éditions Luce Wilquin. Présentation par Anne-Michèle Hamesse.

Anne-Michèle Hamesse nous présenta d’abord le dernier roman  de Françoise Pirart, paru aux éditions Luce Wilquin, Chicoutimi n’est plus si loin.

Roman initiatique, ce vingtième ouvrage publié par Françoise Pirart depuis 1992 est la chronique d’une fuite, non tant vers l’ailleurs que vers soi. Le déracinement et les épreuves  mettent à jour cette évidence : je survis, donc j’existe, moi. Ce moi est constatation autant que libération, processus autant que donnée ou résultat issu des mystères de la parenté et de la société. Au fil de la trame d’un récit passionnant et bien charpenté (ce qui anime au sens premier, fait fuir/bouger les personnages n’est révélé qu’à la fin, en quelque sorte à nous en même temps qu’à eux) deux jeunes ados fugueurs parcourent le Canada à destination de cette ville au nom plus magique que sa réalité, Chicoutimi. En fait ils y trouvent non le rêve qu’ils cherchaient à réaliser, pendant fantastique de ce qu’ils fuient et rejettent, mais leur vérité.

Au cœur de leur errance dirigée, les deux frères sont suivis, plus qu’accompagnés, par un personnage tutélaire qui prend dans le roman la figure d’un détective privé retraité. Chaque étape où celui-ci perd les frères, puis les retrouve, les oblige par son existence même à bouger de nouveau , à aller plus loin, est comme la conscience même de soi qui anime les fugueurs : motif et sens de leur voyage vers la réalisation d’eux-mêmes et la liberté.


Nicole Verschoore, L'innocence en Italie, éditions Le Cri. Présentation par Joseph Bodson.

Joseph Bodson nous présenta ensuite Nicole Verschoore et son  recueil de nouvelles L’innocence en Italie paru aux éditions Le Cri.  

Divisé en trois chapitres intitulés Traversées, L’amour et Destinées, le recueil comprend douze nouvelles où le réel, parfois autobiographique ainsi qu’a pu nous le faire comprendre l’auteure, et l’imaginaire semblent se mêler sans se confondre et se nourrissent l’un de l’autre.

Les récits sont écrits tambour battant, d’une plume nette. On y voit l’amour de la vie soutenu par l’action. Mais il s’agit aussi d’écrits intimistes dont l’émotion contenue appelle à la méditation, en particulier sur la beauté de l’instant, autant qu’à la réflexion.

Ce livre est un hommage à la vie des femmes. Nombre de lectrices se reconnaîtront à travers les profils qu’ébauche l’écrivaine.

 

Michel Stavaux

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