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17 juin 2015

496e soirée des lettres – 17 juin 2015

Entre droits de reprographie, roman intimiste et essai philosophique, une soirée riche.

La séance débute par un petit exposé de Sylvie Godefroid, responsable SABAM littérature, par ailleurs romancière et membre de notre Association. Elle a publié chez Avant-Propos un roman, « Anagramme des sens ».

Sylvie Godefroid rappelle les conditions (Sabam ou autres Scam/SACD) : il faut évidemment déclarer ses œuvres (romans, recueils, essais, textes longs, articles…) pour pouvoir bénéficier des droits de reprographie. Depuis dix ans environ, chaque auteur, susceptible d’être photocopillé, reçoit cette part lors de  la distribution/répartition  des droits. Elle s’ajoute à la part traditionnelle des droits que chaque auteur reçoit sur base de sa production littéraire. 50000 bénéficiaires, tous genres confondus (littéraires et autres). Un exemple : parmi ces bénéficiaires, au nombre imposant, on compte ainsi les auteurs d’un seul recueil ou seul roman enregistré à la SABAM !

Elle évoque ensuite les bourses de création : deux sont accordées cette année. Les dossiers doivent rentrer avant la date butoir du 31 octobre 2015.

Elle insiste enfin sur l’aspect professionnel du statut de l’écrivain, et les démarches à mettre en œuvre pour l’assurer. Elle se met à la disposition de quiconque souhaite en savoir un peu plus en matière de droits, d’auteurs et de reprographie. L’inscription à la SABAM s’élève à 31€, récupérables si l’on se désinscrit.

Françoise Houdart, Victoria Libourne, roman, éditions Luce Wilquin. Présentation : Isabelle Bary

Isabelle Bary, romancière publiée chez Luce Wilquin, présente un auteur maison lui aussi, Françoise Houdart, pour son quinzième roman, « Victoria Libourne » (seizième livre chez l’éditrice d’Avin).

Un roman de rencontres, bien dans la manière de notre romancière hainuyère. Et le Hainaut, avec son vieux Canal du Centre est au cœur de l’intrigue. Intrigue mi psychologique mi policière, puisqu’il y aura enquête autour d’un personnage de noyé. Clémence, Clem pour l’entourage,  en manque de père, de repères, dotée d’une mère toxique, elle-même mère d’un

petit Hugo Delvallée, sent l’heure de s’engager dans sa vie, pour combattre morosité et routine. Et pourtant, ça lui coûte de déroger aux habitudes. Et pourtant, elle ne manque pas de force ni d’énergie battante.

Le combat existentiel se profile. L’amitié de Thérèse est un gage d’avancée. Mais que trouver, aux berges de l’existence ? N’y a-t-il pas danger ? Comme en ce jardin-prison, où elle laisse se développer son imaginaire et la floraison des herbes sauvages ?

Entre terre ferme ou instable et eaux dangereuses, le roman d’Houdart sans cesse éveille aux questions fondamentales sur l’existence, les rencontres, les changements dans une vie. Bachelard n’est pas en reste et la romancière avoue qu’elle est sensible à ce thème de l’eau, dans une relation panique.

Les personnages, Clem, Moïse, Victoria Libourne, voyagent entre Hainaut et Bordelais, entre réalité et imaginaire, et, comme s’interroge l’auteur, que savons-nous de nous, des autres, de la part de réalité et de rêve ?

Isabelle Bary met en lumière les constantes de l’univers de notre écrivain : ce sens de la description réaliste, la poésie des lieux perçus au plus près, l’eau qui se décline en tous sens.

Le style lumineux et luministe de l’auteur ajoute au charme, bien sûr :

« Clem a traversé sans hâte le hameau des Italiens. Il fait froid. Les petites maisons se serrent les unes contre les autres le long des trottoirs, petites vieilles frileuses marquées par le temps. Pas un chat dans les rues. Juste un frisson de rideau ici ou là sur son passage… »

Jean-Jacques Bailly, Eros et infini, essai, éditions L'Harmattan. Présentation : Renaud Denuit

Dans une troisième partie de notre soirée, Renaud Denuit s’entretient avec le philosophe Jean-Jacques Bailly, spécialiste de l’hébreu, docteur en philosophie de l’ULB, diplômé de l’UCL (droit), professeur. Jean-Jacques Bailly, né à Saint-Ghislain, réside aujourd’hui à Louvain-la-Neuve et il a publié en 2013 deux tomes d’un essai, « Eros et infini », à l’Harmattan.

A la stricte demande de définition des deux mots-clés de son livre de philosophie, l’auteur s’engage dans un parcours où, d’emblée, il évacue le recours métaphysique, puisque, selon lui, « Le sujet se momifie dans la croyance mais revit dans l’interpellation et l’interprétation qui s’ensuit ». D’emblée, il cite Nietzsche et Heidegger : deux pôles d’un changement radical. L’un, puisque « Dieu est mort ». L’autre, pour tenter de faire revivre la métaphysique.

L’Eros est « l’ouverture des sens à l’invention du sens ». Dans notre expérience du monde, de la nouveauté et du sens : foin de l’ontologie, des croyances, retour aux grandes questions vraiment philosophiques.

L’infini ? Il faut postuler : un « retrait de l’infini », la seule transcendance, réservée « à celle du sens ».

Le sommaire des deux tomes laisse rêveur : herméneutique de la temporalité…expérience de la limite…plaisir et volupté…la peau du sujet…l’éros du sens…vivre face à l’abîme…etc.

De quoi alimenter notre réflexion, nos questionnements…Au fait, pas un mot de notre auteur sur Teilhard ?

***

Echanges et verre de l’amitié.

Philippe Leuckx

 

 


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