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Auteur : Jean C. BAUDET

Titre : LES PLUS GRANDES CONTROVERSES DE L'HISTOIRE DE LA SCIENCE

Éditeur : ÉDITIONS LA BOÎTE À PANDORE

Genre : essai

Date de parution : 2015

 

Les plus grandes controverses de l'histoire de la science

Notre confrère aura consacré toute sa vie et ses écrits à « ceux qui veulent et peuvent penser ».  Docteur en sciences de l’Université de Paris VI, il a écrit une trentaine d’ouvrages, publié des dizaines d’articles et prononcé moult conférences.  A la fois homme de sciences et écrivain, (comme Jean Rostand qui obtint la reconnaissance de l’Académie française) il fait honneur à notre société d’écrivains dont il fréquente régulièrement les soirées.  L’ouvrage qu’il nous propose peut paraître rébarbatif ; cependant les controverses qui traversèrent l’Histoire des sciences, sont présentées par notre auteur, dont on connaît la perspicuïté, de façon à intéresser le simple amateur d’idées.  Nous ne pouvons en donner un compte rendu exhaustif, ici ; mais nous indiquerons deux ou trois passages ayant spécialement retenu notre attention.  Par exemple, le chapitre « Animistes et matérialistes », dont l’auteur a traduit l’intitulé pour le lecteur moyen que nous sommes par « L’âme humaine existe-t-elle ? ».  Pour La Mettrie, il n’y a pas d’âme par la raison qu’il n’y a point de nature humaine.  L’homme ne se rencontre dans la nature non plus qu’une figure géométrique.  Notre seule nature, inaltérable, est la nature qui nous est donnée à la naissance : la nature animale.  La nature humaine est une nature conventionnelle que l’on oublie aussi aisément que la table de multiplication et l’accord des participes passés des verbes pronominaux.  En revanche, notre nature première, - nature animale – n’est point oublieuse.  La publication de « L’homme-machine », en 1748 créa le scandale dans une société qui croyait que l’homme était de création divine.  Le chapitre « Transformistes et fixistes » nous a intéressés tout autant à cause du naturaliste Lamarck, qui fait partie avec Mendel et Fabre, des autodidactes auxquels Jean Rostand a consacré un petit volume très intéressant.  Lamarck étant venu à l’étude de la nature par passion plutôt que par conquête de titres académiques, fut le premier avant Darwin, (lequel déclarera ne pas l’avoir lu), à parler d’évolutionnisme dans la terminologie des transformistes.  D’après lui, les habitudes prises par les individus pouvaient se transmettre génétiquement.  Ainsi, « les girafes ont un grand cou, disait-il, parce que leurs ancêtres devaient atteindre le feuillage élevé des rares arbres de la savane africaine ».  Ce raisonnement, qui n’en est pas un, provoqua des gorges chaudes dans l’Université et participa au dénigrement de celui que l’on appelle néanmoins le Darwin français.  Le débat entre Félix Archimède Pouchet et Louis Pasteur sur la soutenance de thèse par le premier de l’existence de générations spontanées d’êtres vivants mérite également qu’on s’y arrête.  Pasteur ridiculisa Pouchet en prouvant grâce à une tubulure « en col de cygne » que ces prétendus êtres vivants n’étaient rien autre chose que des germes flottant dans l’air et se déposant partout.  Pouchet était victime d’une tubulure mal rincée.  Voici le lieu de dire que la Science est l’art du tâtonnement comme le Droit est l’art de la qualification.  Concluons : cet ouvrage de Jean C. Baudet est riche en informations épistémologiques ; en exposés très complets sur les principales découvertes de la science ayant entraîné des controverses concomitantes ; ainsi qu’en vues personnelles sur l’avenir de la recherche scientifique.  Enfin, cet ouvrage est écrit dans un style à la fois agréable et exact.

 

Marcel Detiège

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