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"Dans la beauté je marcherai" Agnès Henrard

                     

   

Auteur : Agnès HENRARD

Titre : DANS LA BEAUTÉ JE MARCHERAI

Editeur : ARBRE À PAROLES

Genre : poésie

Date de parution :  2011

Hommage à Jacques Henrard 

Dans la beauté je marcherai.

« …Arrêtons-nous, regardons autour de nous et voyons comme la vie est belle : les arbres, les nuages blancs et l’infinité du ciel. Ecoutez les oiseaux, goutez la légèreté de la brise. Marchons comme des êtres libres et sentons nos pas s’alléger au fur et à mesure que nous marchons. Apprécions chaque pas que nous faisons…». Si j’ai choisi de reproduire ce passage extrait du « Guide de la méditation marchée » de Thich Nhât Hanh (poète, jardinier, maître bouddhiste zen vietnamien…), c’est qu’il m’a paru cadrer parfaitement tant avec l’esprit du recueil qu’avec la personnalité profonde de Jacques Henrard dont le moindre geste quotidien semblait s’apparenter à une prière, un don voire un acte d’amour.

Au bord du monde, tu chemines, et tu ouvres les bras pour y serrer chaque misère, tu embrasses la terre entière, et le ciel sur toi s’est penché. 

Car si Jacques Henrard fut tour à tour, enseignant, homme de théâtre, romancier et chroniqueur culturel, il fut aussi et surtout un homme qui, je cite, sut mêler en sa sagesse les leçons de la terre(« Ensemencés de vie et de clarté. Terres léguées, fécondées nous tirent vers l’été ») et mettre en joue une vie pleine de joie, de découverte et de…cœur ! (« Si large et  lourd de tendresse ton cœur, cognant, battant, contre le nôtre et jusqu’au fond du ventre »). Et c’est précisément cet aspect des choses qu’a su rendre admirablement Agnès dans ce recueil qui, par plusieurs aspects, s’avère être davantage une méditation sur la vie que sur la mort. Ici, chaque mot semble être porteur d’une « passion joyeuse » prompte à dévoiler le réel dans sa dimension sauvage et merveilleuse. Ici, l’écriture est fluide, brillante, parfaitement maîtrisée et n’a de cesse de célébrer la beauté du monde (« la finitude du poème est lumière, apport de l’être à la vie »/René Char) et la lumière du mystère qui nous traverse (« le mystère de la vie n’est pas un problème à résoudre mais une réalité à éprouver »/Alan Watts).

 Ainsi, il émane de ce recueil, une intensité, une force, une énergie solaire voire un souffle explorant la face claire d’un monde bâti au milieu de l’amour (« Flambé, fourbu, offert, fragile et dévêtu, au cœur de ta maison tu as choisi de naître. Ton jardin te regarde. Tu lui donnes la main.»). Ainsi, chaque poème nous éveille à l’essentiel (« semer en terre profonde »), met de l’infini dans le fini et nous invite à cheminer sans cesse à la recherche de notre être intérieur (« apprendre à reconnaître en soi où le soleil se lève »). Car il s’agit bien ici de voguer (« Nomade, tu voyages d’instant en instant. Tu nous apprends l’errance, le cheminement intime, les gestes dénudés. Agenouillé devant le monde, tu prends refuge dans la beauté »), de glisser, d’emprunter le chemin d’une voie libre et sans fin pour ne jamais se fixer voire se définir (« définir signifie fixer et en dernière analyse, la vraie vie n’est pas fixe »/Alan Watts).

Offrande d’une fille du vent, du feu, de la rivière et de la terre » à un père « veillé par les étoiles et les fées au cœur prêt à se fendre », ce recueil, d’une rare intensité, est « chargé » d’une poésie dont le cœur bat au rythme des plaines, vergers, mers, arbres, fleurs de cerisier, torrents, hautes lumières lointaines et … beauté rare. Pour conclure, j’ai voulu mentionner cette confession du peintre Corneille avec lequel Jacques Henrard, qui consacra une grande partie de son temps à l’étude de la peinture contemporaine, avait au moins un point commun ; celui de l’amour de la vie !: «… de ma vie de peintre, j’ai tout vécu avec passion. Et si c’était à refaire, je referais la même chose. De ma vie, j’en ai fait une belle journée colorée… »… 

Tu reconnais les signes, la porte du désert, la soif et les brisures. Tu creuses ton chemin dans les pierres. Le ciel doit y semer les fleurs les plus rares, y déposer des oiseaux blancs, de légers souffles d’enfants.

 

Pierre Schroven

                                                   

 

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