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L'arbre à frites

J’aime bien, d’habitude, ce que fait Frank Andriat, mais ici, je n’ai pas été entièrement séduit. Il est vrai que l’idée est originale : une sorte de miroir inversé, avec des péripéties familiales qui nous mènent de Schaerbeek à Scarabé, quelque part au Congo, et là-bas, cette belle trouvaille de l’arbre à frites. Un raccourci de toute l’histoire de la colonie, depuis l’ancêtre légendaire, le tout-puissant Goethgebeur, jusqu’à notre époque et ses incertitudes quant à l’existence même de la Belgique. Avec, au fil des pages, l’idée chère à l’auteur de la coexistence et du mélange des différentes ethnies.
C’est une sorte de mimodrame aux personnages multiples, qui se lancent dans des récits ébouriffants et mirifiques, palabrant sans fin sur les liens de famille, les amours des uns et des autres et l’apparition de la Vierge. L’arbre à frites, c’est un arbre à palabres.
C’est aussi l’histoire des vieilles gloires qui doivent résister aux assauts de la vieillesse et de l’amour, aux attaques des jeunes, l’histoire d’un monde en train de s’éteindre.
Mais les relations familiales sont tellement embrouillées, les personnages si nombreux, les passages de la première à la troisième personne si nombreux et si abrupts que le lecteur s’y perd un peu et a tendance à se décourager. L’imbrication de l’histoire de Nele et Tijl dans le récit ne simplifie pas les choses, même si le symbolisme qui lui sert de fondement est bien sympathique.  Il n’empêche que cela est racheté  par de bien beaux passages, ainsi, pour ne citer que celui-là, p.192 : Les Belges ne  réussissent guère à s’extirper de leurs habits de solitude, et elle ajoutait, c’est différent d’ici, inexplicable, chacun semble enfermé dans son manteau de brumes. Ou bien encore, la rencontre de l’une des héroïnes, avenue Eugène Demolder, avec Thomas Owen…


Joseph Bodson

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