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Auteur : Gabriel RINGLET

Titre : ENTRE TOUTES LES FEMMES

Editeur : DESCLÉE DE BROUWER 

Genre : roman

Date de parution : septembre 2011

Entre toutes les femmes

 

Un ouvrage à deux voix, une rencontre entre deux auteurs d’exception. Mannick dont le répertoire de plus de mille chansons offre, avec ses qualités musicales, des textes hautement évocateurs. Gabriel Ringlet, prêtre, écrivain, théologien, auteur de nombreux livres qui suscitent réflexion, débats, interrogations, méditation.

Comme l’écrit l’éditeur en prologue, ce livre invite à un voyage insolite et une manière inattendue de nommer quelques femmes entre toutes les femmes. Au cours de huit chapitres, les deux auteurs  revisitent l’univers de quelques femmes, celles de la Bible notamment, et nous entraînent à porter un regard neuf sur leurs parcours. Abandonnant la routine et les simplifications apprises ou hâtivement déduites pour une vision renouvelée, plus proche de l’essentiel. Souvent ardu, le dialogue conduit le lecteur vers un approfondissement des thèmes évoqués : naissance, rupture, passion, blessure, résistance, confiance, célébration, mort. Chacun présenté en référence aux chansons de Mannick auxquelles le lecteur aura le bonheur de revenir en fin d’ouvrage en relisant à loisir les textes correspondants aux différents chapitres.

Subtile nuance qui accompagne la lecture,  celle-ci invite à chanter la naissance, chanter la blessure, chanter la confiance, chanter la mort. Pour chacune de ces étapes de la vie, Entre toutes les femmes les nomme, les printanières, les rebelles, les brûlantes, les souffrantes, les subversives, les désirantes, les prêtresses, les accouchantes.

La poésie, comme un état d’être, imprègne tous les développements proposés, les interrogations et les réponses jamais assénées du haut d’un savoir, mais toujours formulées avec délicatesse, empreintes de sincérité, au plus près de ce que chacun peut ressentir dans l’intimité de sa conscience.

La sensualité va si bien à l’Incarnation, dit Mannick. Laisser place au désir, à la folie. Que dit-on d’autre quand on prétend que la divinité a pris corps dans l’humanité (p.60).

Un peu plus loin dans le texte : Or toi justement, tu donnes corps au spirituel. Quand je te lis, je me demande où tu as appris ton métier de curé ! Ça ne ressemble en rien à ce que je vois d’habitude. En plus, c’est peut-être la clef, tu ajoutes cette dimension poétique qui permet de faire exploser les carcans. Gabriel Ringlet confirme alors l’importance de la poésie dans son approche de ces questions existentielles. Quand donc les chrétiens comprendront-ils qu’honorer un Verbe fait chair n’est pas sans conséquences ? Ne pas séparer ce que Dieu a uni ! Car la Bible relie. Elle fait se rejoindre « La Chair et le Souffle ».

On pourrait se demander comment Chanter la mort, à une époque où l’on tente de l’occulter comme si elle n’était pas inéluctable, ce rendez-vous incontournable à une époque où il est devenu courant de cacher les signes de deuil après la disparition d’un proche ?

La chanson de Mannick correspondant à ce chapitre qui s’intitule « Gueules cassées », celles bien sûr de la guerre de 1941-1918. Quelque chose de lancinant, d’obsédant, et de tendre en même temps, l’horreur qui provoque l’espérance et le plus jamais ça (p.238).

En écho à cette chanson Gabriel Ringlet écrit : Ces « petits pères » et « petits frères » du refrain, on dirait que, cent ans après, tu veux encore les border. Tu leur chantes une berceuse pour qu’ils s’endorment. En tirant sur eux la couverture de la mémoire, tu les réensevelis doucement. Et pour qu’ils fleurissent, tu les recouvre d’une terre d’accouchement. Un texte qui  retient l’attention par sa poésie, ses métaphores pour exprimer une réalité complexe, où souffrance et espérance sont étroitement mêlées, comme il apparaît à plusieurs reprises au cours de la lecture de ce livre. De la mort, Gabriel Ringlet écrit ici : À défaut de l’aimer, tenter de l’apprivoiser, essayer de faire amitié par temps clair pour que le jour où le ciel s’assombrit, elle se maintienne du côté de la vie.

Les deux auteurs  abordent souvent le thème de la mort, Mannick dans ses chansons, Gabriel Ringlet dans ses ouvrages. Ce n’est pas seulement une affaire individuelle,  écrit-il, mais un formidable enjeu de société. Un des éléments majeurs du « dérèglement du monde » est lié, je pense, à l’expulsion de la mort. Il ne faut pas mettre la mort à la porte. Je n’ai pas dit non plus de lui offrir le champagne et de lui proposer le meilleur lit de la maison.

N’est-il pas bien vrai, reprenant le titre d’un album de Chedid qu’On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime ?

Le leur dire avant surtout, souligne Gabriel Ringlet. Devancer l’adieu. Mannick, Gabriel Ringlet, comme Silésius cité, nous offrent une pensée libre, une pensée extraordinairement ambitieuse.

Entre toutes les femmes, un ouvrage qui déroule chapitres et réflexions avec une approche pédagogique qui met à notre portée des sujets difficiles, rarement abordés avec autant de clarté et de sincérité. Un ouvrage qui invite sans contraindre, questionne sans minimiser aucune des étapes de la réflexion, aucun des obstacles sur le  chemin de la vie et de la mort. Un ouvrage à lire et à relire.

 

 

Dominique Aguessy

 

 

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