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18 avril 2012

467e soirée des lettres – 18 avril 2012


JEAN LOUBRY, N’y demeure qu’écriture, poèmes, L’Arbre à paroles. Présentation par Jean-Luc Wauthier.


©Pierre Moreau

La poésie pour Jean Loubry ? Une manière de vivre mieux,  de se délivrer des morts qui vous habitent, nous dit Jean-Luc Wauthier, une façon aussi d’assumer son homosexualité et les problèmes d’alcool dans l’humour, et puis, il y a eu le décès de sa mère.

Dans le titre, le « y » représente la vie, tandis que le « ne que » apporte une restriction à la permanence du « demeure ».

Mais son écriture reste mystérieuse, proche de l’enfance et de la mort ; la poésie nous repayse en pays perdu plutôt que de nous dépayser.

J.L. : Plus loin que la vie d’ici… Heureusement qu’il y a la mort au bout, pour éviter un certain ennui des choses répétitives. J’aimerais croire en ce que j’espère… Mais l’essentiel, c’est ce qui a produit ce que l’on écrit.

Le présentateur évoque alors le thème du double, chacun est étranger à lui-même, et la poésie dérange les « actifs »… Oui, enchaîne l’auteur, ce monde qui gesticule dans l’inutile…

J-L. W. : La douleur est perte, perte de soi.

J-L. : ce qui a modifié mon écriture, c’est quand j’ai arrêté de boire… Mais j’avais commencé à écrire bien avant.

Bien sûr, ces propos sont coupés et appuyés par des lectures, à propos desquelles le présentateur évoque à l’occasion le style de Beckett, une sorte de repli sur soi-même, un demi-mutisme ; celui de Michaux, aussi. Au fond, la poésie, c’est l’histoire de tout ce qui se perd… À une question de Jean-Luc Wauthier, Jean Loubry reconnaît que le fait de dire, de lire – il a été acteur, récitant et metteur en scène – influence son écriture.

Et cette présentation – tout empreinte de justesse et de précision – se terminera par la lecture très émouvante d’un texte inspiré par la mort de la mère de l’auteur.

 


 

RENÉ DALEMANS et NICOLAS DE POTTER, Louis de Potter, révolutionnaire belge en 1830, éd. Couleur Livres. Présentation par les auteurs.


©Pierre Moreau

René Dalemans a été professeur dans l’enseignement secondaire et supérieur ; il est conférencier à l’Université des aînés. Quant à Nicolas De Potter, c’est un descendant, en ligne indirecte, de Louis de Potter.

Louis de Potter, nous dit René Dalemans, était encore un homme du 18e siècle, élevé dans l’esprit du joséphisme. Mais la période était agitée. Ses parents, sous Napoléon, avaient choisi l’exil, et il aboutit ainsi à Florence. Il eut ainsi l’occasion d’aborder des œuvres, telles celles de Buonarotti, qui étaient loin de l’idéal familial.

En 1820, il reviendra en Belgique, où il refusera de relever ses titres de noblesse. L’opposition à la maison d’Orange, pendant ce temps, allait croissant : opposition croisée, celle des catholiques, surtout flamands, contre un roi calviniste ; celle des libéraux, contre un régime qui bridait la liberté de la presse.

Après la publication d’articles libertaires dans le Courrier des Pays-Bas, Louis de Potter fut enfermé à la prison des Petits-Carmes, où le régime n’était pas trop sévère. Après un second procès, il se verra condamné à l’exil, d’abord dans le canton de Vaud, puis à Paris après la Révolution de Juillet.

Partisan de la république, très populaire par ses articles,  il sera fêté lors de son retour. Mais sa popularité portait ombrage, et très vite, isolé dans un petit groupe de républicains, il donnera sa démission.

De retour à Paris, où il poursuit sa carrière de publiciste,  il se lie avec Lamennais et Colins, et penche vers l’anarchisme naissant. On retrouvera sa tombe, très modeste, nous dit Nicolas de Potter, après bien des recherches, au cimetière de Schaerbeek.

Nicolas de Potter pose deux questions à René Dalemans : tout d’abord, qu’en a-t-il été de l’unionisme, cette union sacrée des catholiques et des libéraux contre Guillaume ? En fait, assez vite, des dissensions se feront jour, des comités se créeront, et ce seront les libéraux qui prendront l’initiative de se grouper en parti. D’autre part, peut-on dire que notre révolution de 1830 fut aussi une révolution sociale ? C’est vrai qu’il y eut bien au début de l’agitation populaire dans les faubourgs, mais très tôt fut créée une garde bourgeoise, et l’ordre fut rétabli. C’est donc la bourgeoisie qui profita de la révolution.

On le voit, un destin exceptionnel, dans une époque qui l’était tout autant, c’est ce qui fait d’ailleurs tout leur attrait, et qui a bien été souligné ce soir par les deux présentateurs.

 


 

BERNARD GHEUR, Les étoiles de l’aube, roman, éd. Weyrich. Présentation par Guy Delhasse.


©Pierre Moreau

Bernard Gheur, qui était déjà, tout jeune, passionné de cinéma, a eu la chance de rencontrer très tôt François Truffaut, qui l’a encouragé à se diriger vers la littérature plutôt que le cinéma. .Il est journaliste, Liégeois, et a publié bon nombre de recueils de nouvelles et de romans.

Quant à Guy Delhasse, journaliste lui aussi, Liégeois lui aussi, il se passionne pour la chanson française et pour l’histoire des villes telle qu’elle apparaît dans les textes d’auteurs : Spa, Huy, Liège à présent.
L’étoile, c’est celle de la guerre, des Américains. Bernard Gheur, né en février 1945, se sentait un peu jaloux de ceux qui avaient connu ces évènements. Ses aînés lui en parlaient, et présentaient le jour de la Libération comme le plus beau jour de leur vie.

La part de l’imaginaire ? demande Guy Delhasse.

C’est la construction. La fin du livre est davantage fictive, des récits qu’il a entendus à propos des aviateurs américains. Le narrateur est un peu son double, il lance un appel aux lecteurs d’un journal pour retrouver la trace d’un aviateur américain, il reçoit la réponse d’une jolie rousse…

G.D. : Un contexte de guerre, mais aussi le monde de l’enfance.

B.G. : On change de narrateur, c’est à présent un scout qui lie cette histoire à son Akela, dont il est amoureux. Il a vu une ombre près de l’Amblève,  pour lui, cette ombre, c’était un ange. Il lui a fait le signe des louveteaux, les doigts en V, et l’ange lui a fait le même signe… Il est vrai que c’est aussi le signe de la Victoire.

G.D. : On  trouve aussi dans ce roman, l’ancienne ambiance des salles de rédaction. Bernard Gheur semble avoir la nostalgie des mondes disparus.

B.G. : J’écris très lentement, et il est vrai que j’essaie de reconstituer ces mondes. Celui par exemple du service militaire, celui des vieilles salles de cinéma. Quant aux salles de rédaction, aujourd’hui, on s’y croirait dans le hall d’une agence de voyages. Il y manque le marbre, les typographes, toute cette agitation fiévreuse, et puis les engueulades. C’était un monde très chaleureux, les typographes étaient l’élite du monde ouvrier, et puis, il y avait ce côté typiquement liégeois.

G.D. : Aurais-tu donc un lectorat de nostalgiques ?

B.G. : Pas seulement, mon plus jeune lecteur a 13 ans, il a fait un travail remarquable sur mon livre. La plus âgée a 95 ans, c’est ma grand-tante, elle a lu le livre d’une traite.

Pour terminer, Bernard Gheur nous parlera de l’éditeur, Olivier Weyrich, qui fait à Neufchâteau un travail remarquable et très professionnel. Au départ, des livres sur l’Ardenne, de superbes albums sur la faune et la flore, et, à présent, dirigée par Alain Bertrand et Christian Libens, la collection de romans Plumes du Coq, qui réunit d’excellents auteurs.

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